بسم الله الرحمن الرحيم 
و الصلاة و السلام على أشرف المرسلين
و على اله و اصحابه أجمعين
 

La Mouraqqa’a dans le Coran et la Sunna


Dans la Langue Arabe:
On dit en arabe «raqqa’a t-thawb», c’est à dire: Il a rappiécé son vêtement.
al-Mouraqqa’âte est le pluriel de mouraqqa’a et désigne le vêtement entièrement fait de morceaux de tissus colorés ou non et faits de laine, de poils ou bien de cuir.
[Sheykh Ahmad ibn ‘Ajîba, al-Foutoûhâte al-Ilâhiya fi charhi l-mabâhithi l-Asliya]


Au sein de la Tariqa Karkariya:
Il s’agit de l’extériorisation et de l’habillement par la beauté de l’Essence cachée au travers de la manifestation de différents Noms divins, manifestés par les couleurs d’un arc-de-cercle noble et élevé… il s’agit de l’annonce de la prise du pacte de la nafs avec l’esprit dans le but de pénétrer et de s’élever au sein de ses différents degrés.


Dans le Noble Coran:
«Puis, lorsqu’ils eurent goûté de l’arbre, leurs nudités leur devinrent visibles; et ils commencèrent tous deux à y attacher des feuilles du Paradis. »[sourate al-A’râf, verset 22]
«Ô enfants d’Adam! Nous avons fait descendre sur vous un vêtement pour cacher vos nudités, ainsi que des parures. – Mais le vêtement de la piété voilà qui est meilleur. »[sourate al-A’râf, verset 26]
«Ô enfants d’Adam! Que le Diable ne vous tente point, comme il a fait sortir du Paradis vos père et mère, leur arrachant leur vêtement pour leur rendre visibles leurs nudités. »[sourate al-A’râf, verset 27]


La Mouraqqa’a dans le Hadîth:
Selon Hamîd ibn Hilâl, selon Abî Burda qui a dit : Aicha (radiAllâhu ‘anha) sortit un vêtement indigent et dit : c’est dans ce vêtement que fut rappelé l’esprit du Prophète (sallAllâhu ‘alayhi wa sallam). Sulaymân a rajouté : selon Hamîd, selon Abi Burda qui a dit : Aicha (radiAllâhu ‘anha) sortit une cape épaisse telle qu’on en confectionne au Yémen ainsi qu’un vêtement que l’on appelle al-mulbida (le vêtement indigent).
[sahîh al-Bukhâriy, 2894]


Selon ibn Kiyssân, ‘AbduLlâh ibn Abî Omâmah lui a relaté : le Messager d’Allâh (sallAllâhu ‘alayhi wa sallam) a dit : «al-badhâdha fait partie de la foi, al-badhâdha fait partie de la foi, al-badhâdha fait partie de la foi ». ‘AbduLlâh dit : J’ai demandé à mon père : « Qu’est-ce que al-badhâdha ? Il répondit : « Le fait de porter de modestes vêtements ». 

[Imâm Ahmad ibn Hanbal, az-Zuhd 29]

Selon Sahl ibn Mu’âdh, selon son père, le Messager d’Allâh (sallAllâhu ‘alayhi wa sallam) a dit: « Celui qui retiendra sa colère tout en étant supérieur ou capable de l’emporter, Allâh –tabâraka wa ta’âlâ- l’appellera à la tête des créatures afin de lui faire choisir quelle Houri il désire. Et celui qui cessera de porter de bons vêtements, tout en étant capable de le faire, simplement pour Allâh et par modestie, Allâh –tabâraka wa ta’âlâ- l’appellera à la tête des créatures afin de lui faire choisir lequel des vêtements de la foi il désire. »
[Musnad de l’Imâm Ahmad ibn Hanbal, 15312]


Oumm Khâlid bint Khâlid rapporte que le Messager d’Allâh (sallAllâhu ‘alayhi wa sallam) vint avec un vêtement sur lequel était cousu un tissu carré. Il dit : « Qui voyez-vous qui porterait ce carré noir ? » Les compagnons se turent. Il dit alors : « Faites venir Oumm Khâlid ». Je vins donc vers le Prophète (sallAllâhu ‘alayhi wa sallam) qui me la revêtit de sa main en disant : « Abli wa akhlaqi (du3a : que ta vie soit longue afin que ton vêtement s’use par la fréquence de son utilisation» deux fois. Il regarda et indiqua alors de sa main le carré de tissu en disant : « Ô Oumm Khâlid, ceci est sanâ », et sanâ dans la langue des Ethiopiens signifie quelque chose de bon. 

[Sahîh al-Bukhâriy, 5425]

Oumm Khâlid bint Khâlid rapporte que le Messager d’Allâh (sallAllâhu ‘alayhi wa sallam) vint avec un vêtement sur lequel était cousu un tissu carré. Il dit à ses Compagnons : « Qui pensez-vous mériter le plus ce morceau de tissu ? » Tous se turent. Il appela alors Oumm Khâlid et la lui revêtit, puis il dit : « Abli wa akhlaqi » Il dit : et il y avait sur ce morceau de tissu une partie rouge. Le Prophète (sallAllâhu ‘alayhi wa sallam) dit alors : « Ô Oumm Khâlid, Sanâ ». Et le mot Sanâ en Ethiopien veut dire quelque chose de bon.
[Ce Hadîth est sahîh selon les conditions des deux Sheykh (al-Bukhâriy et Muslim), mais aucun d’entre eux ne l’a pris en compte. Al-Mustadrâk ‘alâ s-sahihayn, 7471]


Oumm Khâlid bint Khâlid a dit : « Le Prophète (sallAllâhu ‘alayhi wa sallam) est venu avec un vêtement sur lequel se trouvait cousu un petit carré, il dit : « Qui pensez-vous que je pourrais revêtir de ceci ? » Les Compagnons se turent. Le Messager d’Allâh (sallAllâhu ‘alayhi wa sallam) dit : « Faites venir Oumm Khâlid ». Je vins donc et il me la revêtit de sa main, puis il dit : « Abli wa akhlaqi » deux fois, en regardant le morceau de tissu jaune et rouge. Il dit : « Ô Oumm Khâlid, ceci est Sanâ ». Et Sanâ dans la langue des Ethiopiens signifie quelque chose de bon. 

[Ce Hadîth est sahîh selon les conditions des deux Sheykh (al-Bukhâriy et Muslim), mais aucun d’entre eux ne l’a pris en compte. Al-Mustadrâk ‘alâ s-sahihayn, 2304]

Selon Sâlim ibn Abi l-Ja’d, le Messager d’Allâh (sallAllâhu ‘alayhi wa sallam) a dit : « Il y a certainement dans ma communauté une personne qui, si elle venait frapper à la porte de l’un d’entre vous et demandait un dînâr on ne le lui donnerait pas, et s’il demandait un dirham on ne le lui donnerait pas, et s’il demandait une pièce sans valeur on ne la lui donnerait pas, et s’il demandait à Allâh le paradis Il le lui donnerait, et si il Lui demandait la dounia Il ne la lui donnerait pas, et ce n’est pas par dédain de lui qu’Il la lui refuserait,l’homme aux vêtements de haillon qui ne possède rien (dhû timrayn), on ne lui refuse rien, s’il jurait par Allâh –‘azza wa jall- il serait certes exaucé. » [Imâm Ahmad ibn Hanbal, az-Zuhd, 66]


Mu’âdh ibn Jabal a rapporté que le Messager d’Allâh (sallAllâhu ‘alayhi wa sallam) a dit : « Ne t’informerais-je pas au sujet des rois du Paradis ? » Je répondis : « Si, bien sûr ! ». Il dit : « Un homme faible et victime de l’injustice des autres, vêtu de haillons et qui ne possède rien, rien ne lui est refusé et s’il jurait par Allâh –‘azza wa jall- il serait certes exaucé. » [Sunan ibn Mâjah, kitâb az-Zuhd, 4113].
 
Selon ‘Ali ibn Abi Talib « Un jour, nous étions assis avec le messager d’Allah dans la mosquée quand apparut Mus’ab ibn ‘Umayr. Il n’avait sur lui qu’un habit rapiécé de toutes parts. Quand le prophète ‘alayhsis salatu was salam le vit, il se mit à pleurer pour les bienfaits qu’il avait avant et l’état dans lequel il était maintenant. Ensuite il dit « Comment serez vous quand vous aurez un habit du matin et un habit du soir? Qu’on vous posera un plat devant vous au même moment qu’on en ôtera un autre? Et que vous couvrirez vos maisons comme vous couvrez la ka’bah? » Ils dirent « O messager d’Allah, nous serons mieux à cette époque là que maintenant. Nous serons libres pour l’adoration. Nous aurons assez à manger » Il dit « Bien au contraire, vous êtes mieux aujourd’hui que vous ne serez ce jour là » » [Rapporté par at Tirmidhi dans son jami’ et al Bazzar dans son musnad]
 
Selon Anas  » Le messager d’Allah ‘alayhis saltu was salam m’envoya chez Haliq le chrétiens pour qu’il lui donne un habit à crédit. Il dit  » crédit? Et quand me le rendra t-il? Muhammad n’a ni brebis ni chamelle. » Je retournai au messager d’Allah et quand il me vit , il dit « L’ennemi d’Allah a menti. Je suis le meilleur qui puisse acheter. En effet, il est meilleur pour quelqu’un de porter un habit rapiécé de toutes parts au lieu de prendre à crédit ce qu’il ne pourrait rendre ». [Rapporte par Ahmed et at Tabarani].
 
Selon Sayyar ibn Salamah: nous entrâmes chez Abi Barzah quand les gens commencèrent à se combattre. Il dit « Les seuls gens dignes de jalousie selon moi sont ceux qui sont vêtus d’habits rapiécés, dont les ventres sont faméliques et dont les dos sont légers de leur sang ». [Rapporté par Nu’aym ibn Hammad dans al fitan et Ibn Abi Shaybah dans son musannaf].
 
Selon Ishaq Ibn ‘Abdi Allah j’ai entandu Anas dire « j’ai vu sur l’épaule de ‘Umar un habit rapiécé dont les morceaux étaient attachés l’un à l’autre ». [Rapporté par Ibn ‘Asakir dans son tarikh]
 
Selon Shifa’ bint ‘Abdi Allah : « Je suis venue un jour et je suis entrée auprès du prophète ‘alayhis salatu was salam. Je lui demandai et me plaignis à lui. Il se mit à me réconforter et je continuais à me plaindre. Ensuite la prière prière vint. Je vis entrer ma petite-fille. Elle était l’épouse de Shurahbil ibn Hasanah. J’allais trouver son époux dans sa maison et lui dis « la prière est entrée et toi, tu es ici! » Il dit « O ma tante, ne me blâme pas. Je n’avais que deux habits et j’ai donné l’un au prophète ‘alayhis salatu was salam. » Elle dit « par ma mère et mon père! Je suis en train de le blâmer alors que ton état est tel! » Shurahbil dit « quant à l’autre habit, c’est un manteau qu’on a rapiécé! »
 
Selon Abu Hurayrah « un jour que le messager d’Allah ‘alayhis salatu was salam était assis dans un cercle avec ses compagnons, il dit « demain, un homme du paradis priera avec vous ». Abu Hurayrah dit « je désirais fortement que cet homme fût moi. je m’assis alors et priais derrière le messager d’Allah, ‘alayhis salatu was salam. Je me tenais debout dans la mosquée jusqu’à ce que les gens s’en aillent et je restai seul avec lui. Nous restâmes ainsi jusqu’à ce qu’entrât un homme noir, portant un izar et drapé dans un manteau rapiécé. Il s’avança jusqu’à déposer ses mains sur ceux du messager d’Allah. Il dit  » O messager d’Allah, invoque Allah pour moi ». Il invoqua Allah pour qu’il lui donne le martyre (ou la shahadah). Nous sentions sur lui l’odeur forte du musc. Je dis « O messager d’Allah, ets ce lui? » Oui, répondit-il. Il s’agit d’un esclave des bani un tel. Je dis « Ne vas-tu point l’acheter et l’affranchir, o prophète d’Allah? » Il dit « comment ferais-je cela alors qu’Allah veut en faire un des rois du paradis? O aba Harayrah, le paardis a ses rois et ses maîtres (sadat, pour ceux qui ne veulent pas qu’on dise sidi). Et ce noir est devenu parmi les rois du paradis et ses maîtres. O Aba Hurayrah, Allah aime parmi sa création les purifiés, cachés, bons. Leurs cheveux sont ébouriffés (ou emmêlés), leurs visages sont attristés, leurs ventres sont faméliques à force de chercher de la nourriture licite.Ceux là qui, s’ils demandent audience auprès des rois ne sont pas reçus, s’ils demandent la main d’une femme de bonne famille, cela leur est refusé, quand ils sont absents, on ne les recherche pas. Et s’ils sont présents, ils ne sont pas appelés. Et s’ils apparaissent, nul n’est content de leur apparition. Quand ils sont malades, nul ne les visite et quand ils meurent, nul n’est présent. » [Rapporté par Abu Nu’aym dans hilyah]

Sourceal-Kawâkib ad-Durriya fi bayân al-‘Usoûl an-Noûrâniya (Mawlânâ sidi Muhammad Fawzi al-Karkariy)