بسم الله الرحمن الرحيم
و الصلاة و السلام على أشرف المرسلين
و على اله و اصحابه أجمعين

SOMMAIRE

IBN TAYMYAHASSAN IBN THABITAL KALABADHI
IBN QAYYIMIMAM MALIK‘ABD AL ‘AZIZ AD DABBAGH
TALQA IBN HABIBYAHYA IBN MU’ADHIBN ARABI
IBN ‘OTHEYMIN
AHMED IBN AL MUBARAKRUMI
RENÉ GUENONIBN RAJAB AL HANBALIYABDELQADIR AL JILANI
IMAM AR-RAZIIBN KATHIRAL BUZIDI
IBN ‘ABBASZAKARIA AL ANSARI AL HARAWISIDI AHMED AL ALAWIY
‘ALI IBN ABI TALIBABU-L ‘ABBAS AL MURSIIMAM AL GHAZALIY
‘ABU HURAYRAABDERAHMAN AL MAJDUBRUZBEHAN AL BAQILIY
SAYIDA ‘AICHAIBN ‘ATA ALLAH AS-SAKANDARIYAHMED IBN AJIBA
ABOU BAKR AS-SIDIQDHUL NUN AL MISRISIDI MUHAMMAD AL MADANIY
ANAS IBN MALIK'ABD AL KARIM AL JILIY

IBN TAYMYA
(QU’ALLAH LUI FASSE MISÉRICORDE)

« Il est dit qu’après le Sceau des Prophètes - Paix sur eux -, la révélation ne descend pas sur un autre. Pourquoi pas ? En fait elle descend, mais alors ce n’est pas appelé ‘la révélation’ (mais une inspiration : Ilhâm). C’est ce que le Prophète ﷺ a mentionné quand il a dit : « le croyant voit avec la Lumière de Dieu. » Quand le croyant regarde avec la Lumière de Dieu, il voit toutes les choses : le premier et le dernier, le présent et l’absent. Comment une chose peut-être cachée de la Lumière de Dieu ?… Donc la signification de la révélation existe, même si elle n’est pas appelée révélation. (…) ce qui est considéré comme un prodige pour un saint est que parfois le saint pourrait entendre quelque chose que les autres n’entendent pas ou voir quelque chose que les autres ne voient pas, pas lorsqu’il est endormi, mais dans un état réveillé de vision (mushâhada). Il peut connaître des choses que d’autres ne peuvent pas connaître, par le biais de l’inspiration. »

Majmu’ al Fatawa

IBN QAYYIM
(QU’ALLAH LUI FASSE MISÉRICORDE)

Voici ce qu’affirme ibn Qayyim dans ses commentaires de « Manâzil al-Sâ’irîn » (Les sentiers des itinérants vers Dieu) du cheykh Abdullah al Harawi al Ansari - qu’Allâh lui fasse miséricorde - : « Ainsi donc, la première demeure spirituelle c’est l’éveil (al-yaqadha). C’est le bouleversement du cœur, la stupeur du réveil du sommeil des insouciants. […] Par Allah ! Celui qui la ressent, ressent la réussite. Autrement, il est encore dominé par les affres de l’insouciance. […] Lorsqu’il se réveille, son éveil implique pour lui la pensée, qui est la concentration du cœur sur le but pour lequel il se prépare. Lorsque son idée se concrétise, elle implique pour lui le discernement qui est une sorte de lumière par laquelle il perçoit la promesse et la menace, le Paradis et l’Enfer… Son Trône installé pour le jugement, la terre illuminé par la lumière divine, le Livre des comptes, les Prophètes et les martyrs […]. C’est que le discernement est une lumière qu’Allah place dans le cœur pour qu’il voie la réalité de ce que rapportent les prophètes, comme s’il voyait directement et réellement. »
Le Sheykh al islam Abdullah Al-Ansari, dit par la suite : « Le discernement (al-basîra) c’est ce qui t’arrache à la perplexité et à l’angoisse. Cette demeure comporte trois degrés. Le Premier degré c’est que tu saches que la nouvelle consolidation de la religion procède d’une source dont on ne craint pas les conséquences. Le deuxième degré c’est que tu voies à travers la guidance et l’égarement d’Allah la Justice qui est visée, et à travers les variations de la vérité la considération du bien, et à travers Son attraction la corde de l’atteinte. Puis le troisième degré, c’est un discernement qui fait jaillir la connaissance spirituelle, consolide l’allusion spirituelle et fait implanter le don de la vision. »
Ibn Qayyim commente, à propos du troisième degré : « Il veut dire que le discernement en matière de dévoilement et de constat permet de faire jaillir dans le cœur les sources de la connaissance. Il n’a pas dit ‘qu’il fait jaillir la science’ parce que la connaissance est plus spécifique que la science chez les spirituels. Son rapport à la science s’apparente au rapport entre le corps et l’esprit. Ainsi la connaissance constitue l’esprit de la science et sa quintessence. Ce qu’il dit est parfaitement fondé car grâce à ce discernement, les sources des connaissances spirituelles, qui ne s’obtiennent pas par l’acquisition et l’étude, jaillissent du cœur du fidèle. En somme, il s’agit d’un don de compréhension du Livre et de la religion qu’Allah accorde au serviteur selon leur degré du discernement de son cœur. Son expression :  »consolide l’allusion spirituelle » veut dire que l’allusion porte sur ce que les spirituels indiquent comme états, expériences et goûts spirituels que les gens du discernement éprouvent dans leur cheminement et que nient ceux qui sont étrangers à la voie spirituelle. Beaucoup de ces choses envahissent l’aspirant au cours de son cheminement. Par son expression : « fait implanter le don de la vision » l’auteur veut dire que le discernement fait implanter dans le terrain du cœur le don sincère de voir. Il s’agit d’une lumière qu’Allah met dans le cœur afin que le serviteur distingue la vérité de l’erreur, ce qui est véridique de ce qui est mensonger. Allah dit : « il y a bien des signes pour ceux qui sont doués de perspicacité. »
Selon Mujahid il s’agit de gens doués de vision. De même il est rapporté chez Tirmidhi par Abu Sa’id al-Khudri - qu’Allâh l’agrée - que l’Envoyé d’Allah ﷺ a dit : « Prenez garde à la perspicacité (al-firasa) du croyant car il voit par lumière d’Allah » ensuite il récita le verset précité. »

Madarij As-Salikin

Dans sa lecture du verset « Allâh est la Lumière des cieux et de la terre. Sa Lumière est semblable à une niche […] », Oubay Ibn Ka’b a dit : « C’est à l’exemple de Sa lumière dans le cœur du musulman. » (Rapporté par at-Tabarî et al-Hâkim).
« Telle est la lumière [qu’Allâh] a mise dans le cœur du musulman, qui est sa connaissance, son amour, la foi en Lui, son rappel ; telle est la lumière qu’Il a fait descendre sur eux [Ses adorateurs], avec laquelle Il les faits revivifier, et avec laquelle ils marchent entre les gens.
Son fondement est dans leur cœur, puis se renforce et augmente jusqu’à apparaître sur leur visage, leurs membres, leur corps, plus encore, sur leurs vêtements et leurs demeures.
Et ne le voient [sur eux] que ceux qui sont des leurs, alors que ceux qui ne sont pas d’eux les ignorent.
Le Jour de la Résurrection, cette lumière se manifestera, et sera avec leur foi lumineuse entre leur main dans les ténèbres courageusement, et cela, en fonction de l’intensité [de cette lumière] en leur cœur.
Il y aura parmi eux celui dont la lumière sera comme celle du soleil, de la lune, des étoiles ou d’une lampe, et pour certains, ce sera comme au niveau de son orteil, tantôt elle s’allumera, tantôt elle s’éteindra. »

Madarij As-Salikin

Allâh dit: « Allâh est la Lumière des cieux et de la terre. Sa lumière est semblable à une niche où se trouve une lampe. La lampe est dans un (récipient de) cristal et celui-ci ressemble à un astre de grand éclat ; son combustible vient d’un arbre béni : un olivier ni oriental ni occidental dont l’huile semble éclairer sans même que le feu la touche. Lumière sur lumière. Allâh guide vers Sa lumière qui Il veut. Allâh propose aux hommes des paraboles et Allâh est Omniscient. »
[sourate an-Noûr, verset 35]
Oubay Ibn Ka’b – qu’Allâh l’agrée –  a dit concernant ce verset: « C’est à l’exemple de Sa lumière dans le cœur du musulman. »

« Le musulman qui aspire à être de ceux qui connaissent Allâh comme il se doit, est tenu d’examiner en son coeur les noms et les attributs de son Dieu et Créateur, afin de L’adorer dans la clairvoyance et dans l’amour et de reconnaître Sa grandeur et son caractère vénérable. Qu’il médite les « lignes » de la Révélation infaillible et qu’il examine les « pages » de l’univers bien ordonné, il trouvera certes dans ces deux « livres » les réponses qui dissiperont toutes les maladies qui rongente son coeur et étancheront sa soif de connaissance. Quand le serviteur s’applique dans cela, il demande à Allah de lui accorder une lumière grâce à laquelle il puisse contempler les manifestations de Ses sublimes attributs, car plus cette lumière s’intensifie dans le coeur du serviteur, plus il acquiert davantage de clairvoyance sur ce qui est digne d’Allah comme attributs de perfection et de majesté. si en revanche cette lumière s’atténue ou que sa « lampe » s’éteint complètement dans le coeur, la lumière de la reconnaissance de la Vérité s’éteint d’elle même dans le coeur : « Celui en qui Allah ne met pas Sa lumière, n’a plus aucune lumière. » »

Es-tu aimé par Allah ?

Quand (le murid) se réveille, son éveil implique la réflexion qui est la concentration du coeur vers le but pour lequel il se prépare et auquel il n’a pas été guidé à son détail et au chemin pour y arriver.

Quand sa réflexion devient concrète, cela implique l’apparition de la basirah qui est une lumière dans le coeur par laquelle il voit ce qui est promis ainsi que la menace., le paradis et l’enfer, ce qu’Allah y a préparé pour ses awliya et ce qu’il a préparé pour ses ennemis. Il voit les gens sortir de leurs tombes, apeurés par l’appel du Vrai. Il voit les anges descendre des cieux et les entourer, Allah qui vient, son trône installé pour le jugement, […]

Dans son coeur s’ouvre un oeil par lequel il voit tout cela.Apparaît dans son coeur un témoin parmi ceux de la vue future qui lui fait voir l’au delà et sa pérennité ainsi que le bas monde te son caractère éphémère.

La basirah a comme sens une lumière qu’Allah jette dans le coeur. Il voit par elle la réalité de ce que les prophètes ont annoncé, comme s’il les voyait à l’oeil nu. Il réalise le bénéfice de ce à quoi ont appelé les prophètes et ce qu’on encourt par leur désobéissance. Ceci est le sens de la parole de certains ‘arifin: la basirah est de tirer bénéfice d’une chose et le fait d’en connaître les méfaits. Certains ont dit: la basirah est ce qui te sort de l’incertitude, que ce soit par le simple fait de croire ou par la vision.

Madarij As-Salikin

TALQA IBN HABIB
(QU’ALLAH L’AGRÉE)

Selon ‘Asim : « nous dîmes à Talq ibn Habib : « Décris nous la piété. Il dit : « La piété est l’acte d’obéissance à Allah en espérant la miséricorde d’Allah en étant sur une lumière venant d’Allah. La piété est le délaissement de la désobéissance par peur du châtiment d’Allah en étant sur une lumière venant d’Allah. » »

Ibn Abi Shaybah

Ibn Al Qayyim a considéré cette définition comme étant une des meilleures définitions de la Taqwa.

IBN ‘OTHEYMIN
(QU’ALLAH LUI FASSE MISÉRICORDE)

Selon Abi Mâlik al-Ash’ariy (radiAllâhu ‘anhu), le Prophète ﷺ a dit : « La prière est une Lumière ».

Le Sheykh ibn ‘Otheymîn (rahimahuLlâh) commente cela en disant: « La prière est une Lumière dans le cœur du serviteur, sur son visage, dans sa tombe et le jour où il sera ressuscité. C’est la raison pour laquelle les gens dont la Lumière des visages est la plus visible sont ceux qui s’adonnent le plus à la prière et qui la réalisent avec dévotion et crainte d’Allâh (‘azza wa jall)… et c’est la Lumière se trouvant dans le cœur des gens qui permet l’ouverture vers la connaissance (ma’rifa) d’Allâh »

Sharh Riyad as-Sâlihîn

ABDELWAHID YAHYA (RENE GUENON)
(QU’ALLAH LUI FASSE MISÉRICORDE)

« La lumière est donc bien « après les ténèbres », et cela non seulement au point de vue « macrocosmique », mais également au point de vue « microcosmique » qui est celui de l’initiation, puisque, à cet égard, les ténèbres représentent le monde profane, d’où vient le récipiendaire, ou l’état profane dans lequel celui-ci se trouve tout d’abord, jusqu’au moment précis où il deviendra initié en « recevant la lumière ». Par l’initiation, l’être passe donc « des ténèbres à la lumière », comme le monde, à son origine même (et le symbolisme de la « naissance » est pareillement applicable dans les deux cas), y est passé par l’acte du Verbe créateur et ordonnateur; et ainsi l’initiation est véritablement, suivant un caractère d’ailleurs très général des rites traditionnels, une image de « ce qui a été fait au commencement. »

Aperçus sur l’initiation au chapitre 56

IMAM AR-RAZI
(QU’ALLAH LUI FASSE MISÉRICORDE)

III – Participation du serviteur à ce Nom :
Sache que la lumière du coeur exprime la connaissance (ma’rifa) d’Allâh, car il a dit : « Celui chez qui Allâh n’a pas mis de lumière n’a pas de lumière »
[Sourate an-Noûr, verset 40].

IV- Dires des Maîtres sur ce Nom :
Ils disent que al-nûr est Celui qui illumine le coeur des Véridiques (sadiqûn) par la reconnaissance de Son Unité (tawhid). Il illumine les Secrets des Amants (asrâr al muhibbîn) par Son raffermissement (ta’yîd).

On a dit : « C’est Celui qui a embelli l’apparence de l’homme en le conformant (parfaitement) et les secrets en les illuminant (tanwîr).

On a dit : C’est Celui qui vivifie le coeur des Connaissants (‘ârifûn) par la lumière de Sa Connaissance (ma’rifa) et qui vivifie l’âme des adorateurs (‘âbidûn) par la lumière de l’adoration (‘ibâda) qui Lui revient.

On a dit : C’est celui qui vivifie les coeurs à préférer et à choisir le Vrai et qui guide les secrets vers Sa conversation confidentielle (munâja) et son élection (ijtibâ’)

Traité sur les noms divins

IBN ‘ABBAS
(QU’ALLAH L’AGRÉE)

« La foi apparaît comme une lueur blanche. Lorsque l’homme fait des œuvres de bien, cette lueur croît et grandit jusqu’à ce que tout le cœur soit purifié. »

Musannaf Ibn Abi Shaybah

‘ALI IBN ABI TALIB
(QU’ALLAH L’AGRÉE)

Ali - qu’Allâh l’agrée - a dit : « la foi commence comme un point blanc dans le cœur. Chaque fois que la foi augmente, la blancheur augmente jusqu’à ce que le cœur devienne blanc en entier. L’hypocrisie commence comme un point noir dans le cœur. Chaque fois qu’elle augmente, la noirceur augmente jusqu’à ce que le cœur devienne noir en entier. Par celui dont mon âme est entre sa Main, si vous ouvriez le cœur d’un croyant, vous le trouveriez blanc. Et si vous ouvriez le cœur d’un hypocrite, vous le trouveriez noir. »

Musannaf Ibn Abi Shaybah

‘ABU HURAYRA
(QU’ALLAH L’AGRÉE)

« Je n’ai jamais rien vu de plus beau que le Messager d’Allah ﷺ ; c’est comme si le soleil se reflétait sur son visage ; lorsqu’il souriait, la lumière se reflétait sur les murs alentours. »

Jami’ de At Tirmidhiy

Abu Hurayra - qu’Allâh l’agrée - dit : « La foi est une lumière. Celui qui fornique, sa foi se sépare de lui. Celui qui se blâme et se repent, sa foi revient vers lui. »

Musannaf Ibn Abi Shaybah

‘AICHA
(QU’ALLAH L’AGRÉE)

Il avait le plus joli des visages ; sa couleur était la lumière », « On dirait qu’il a sur son front net et dégagé comme une lampe illuminée. »

ABOU BAKR AS-SIDIQ
(QU’ALLAH L’AGRÉE)

« Voici l’intègre et l’élu qui sans cesse appelle au bien. On dirait la lumière de la pleine lune libérée de l’obscurité des nuages. »

ANAS IBN MALIK
(QU’ALLAH L’AGRÉE)

« Le Prophète ﷺ est entré à Médine un lundi, faisant rayonner toute chose dans la ville. Et il s’y est éteint un lundi, laissant assombrir toute chose dans la ville. »

Rapporté par At Tirmidhiy

HASSAN IBN THABIT
(QU’ALLAH L’AGREE)

Les Qoraychites donnèrent une somme d’argent (avant qu’il ne rentre dans l’Islâm) afin qu’il diffame et calomnie le Messager d’Allâh ﷺ. Hassân patienta donc sur une coline en attendant le passage du Prophète ﷺ, afin de voir en lui une caractéristique qu’il pourrait prendre en raillerie. Et lorsque le Bien-Aimé passa, Hassân l’observa et retourna vers les Qoraychites en disant : « Tenez, reprenez votre argent je n’en veux pas, quant à celui que vous vouliez que je prenne en raillerie… Oh Allâh sois témoin que j’atteste qu’il est Ton Messager… » Les Qoraychites dirent alors : « Que t’est-il arrivé !? Ce n’est pas pour cela que nous t’avons envoyé !!! » Il leur répondit alors par ce poème :

Lorsque j’ai vu ses Lumières resplendissantes
de peur je plaçais mes mains devant mes yeux

craignant que sa splendeur n’emporte ma vue
car je ne peux le regarder au delà de ma capacité

Un esprit de Lumière dans un corps de lune
tel un vêtement précieux brodé d’étoiles

IMAM MALIK
(QU’ALLAH LUI FASSE MISÉRICORDE)

« La science n’est pas une multiplicité de riwayat (le fait de connaître beaucoup de hadith), mais une lumière qu’Allah met dans le cœur de qui Il veut. »

Un homme demanda à l’imam Malik une question sur la science cachée (science du batin). Il se fâcha et dit « ne connaît la science du bâtin que celui qui connaît celle du dhahir. Celui qui connaît le dhahir et agit selon, Allah lui ouvre le cœur à la science du batin. Ceci ne sera qu’avec l’ouverture du cœur et le fait qu’il soit illuminé. »

YAHYA IBN MU’ADH
(QU’ALLAH LUI FASSE MISÉRICORDE)

« Le coeur du croyant est un morceau de chair abdominal rempli de perles divines, entouré d’un jardin singulier surplombant un espace lumineux que Dieu – qu’Il soit exalté – regarde à chaque instant avec miséricorde et bonté et s’interpose entre lui et ce qui peut le détourner de Lui. »

AHMED IBN AL MUBARAK AL-LAMTI
(QU’ALLAH LUI FASSE MISÉRICORDE)

« J’ai entendu le Shaykh dire : « les actions ont des rétributions, et celles-ci [les rétributions] ont des lumières, et celles ci sont en relation avec le corps en ce monde. La plupart des gens croient que les rétributions ne sont connues que dans l’autre monde, et cela est vrai pour les gens voilés. Quant aux gens non voilés cela est visible et non caché pour eux. Mais si les actes sont accomplis pour autre que Dieu Très Haut, et non conformes à la réalité de l’être, ils sont peine et fatigue, et ils ne procurent aucune rétribution ni ne sont source de lumière pour le corps. Que celui qui agit examine son cœur au moment de l’action ; chaque acte, même minime, reçoit une rétribution qui a une lumière éclatante. Si le cœur, au moment de l’action, est rempli de préoccupations et de choses qui coupent de Dieu, qu’il sache que Dieu l’a privé de sa rétribution, et que c’est pour cela qu’Il a rempli son cœur de préoccupations. Et si le cœur est libre de préoccupations, tourné complètement vers Le Vrai, qu’il sache que Dieu Très Haut lui a accordé sa rétribution. » »

IBN RAJAB AL HANBALIY
(QU’ALLAH LUI FASSE MISÉRICORDE)

Ibn Rajab al hambaliy dit : « Sa parole : « La prière est une lumière, l’aumône une preuve, la patience une clarté »
Et dans certains manuscrits du Sahih Muslim : « Le jeune est une clarté ». Ces trois sortes d’actes sont toutes des lumières. Parmi elles, certaines se cantonnent à des catégories de lumières. La prières est une lumière absolue. Il est rapporté dans deux chaînes sur lesquelles il y a à discuter, selon Anas qui rapporte du Prophète ﷺ qu’il a dit « La prière est la lumière du croyant ». Elle est pour les croyants, dans ce bas-monde, une lumière dans leur coeur et leur oeil intérieur et elle illumine leur coeur. Elle illumine aussi leur oeil intérieur et c’est pour cela qu’elle est la prunelle des yeux des pieux, comme il est rapporté du Prophète ﷺ qu’il a dit « on a mis la prunelle de mes yeux dans la prière » comme l’a rapporté Ahmed ainsi que an Nasa’iy. Dans une riwayah : « l’affamé se repaît ; l’assoiffé s’abreuve. Et moi, je ne me suffi pas d’Amour. » »

Jam’i al ulum wal hikam

IBN KATHIR
(QU’ALLAH LUI FASSE MISÉRICORDE)

L’Imâm ibn Kathîr rapporte selon sayidinâ ibn ‘Abbâs - qu’Allâh l’agrée - : « Lorsque ‘Abd el-Muttalib partit avec son fils afin de le marier, ils croisèrent le chemin d’une voyante ayant la connaissance de certains livres et qui se faisait appeler Fâtima bint marr al-Khuth’amiya. Cette dernière, ayant vu la Lumière de la Prophétie sur le visage de ‘AbdAllâh, lui dit: « Oh jeune homme, si tu acceptais d’avoir une relation avec moi maintenant, je te donnerais cent chameaux. » ‘AbdAllâh lui répondit alors par ces vers :

Quant au Harâm, la mort lui est préférable
et il n’y a pas de solution qui te permettrait d’y parvenir
Comment pourrait-il en être comme tu le désires
alors qu’ainsi le noble perd sa fierté et sa religion ?

Il partit donc avec son père qui le maria à Âmina bint Wahb, et il resta ainsi auprès d’elle durant trois jours. Après cela, il repensa à la proposition de la voyante et partit à sa rencontre. Elle lui dit alors : « Par Allâh je ne suis pas quelqu’un d’instable et qui cache des choses… c’est simplement que j’ai vu de la Lumière sur ton visage, et je voulus que cette Lumière me revienne. Cependant Allâh voulut qu’elle aille là où Il l’avait décidé… » Et elle prononça alors ces vers :

Et lorsque lui parvint (à ‘AbdAllâh) une Lumière qui illumina
ce qui se trouvait autour de lui, de même que la pleine lune éclaire autour d’elle
J’ai espéré pouvoir être fière que cette Lumière me parvienne
mais toute pierre que l’on frappe ne produit pas du feu… »

Al-Bidâya wa l-Nihâya

ZAKARIA AL ANSARI AL HARAWI
(QU’ALLAH LUI FASSE MISÉRICORDE)

« C’est que le discernement est une lumière qu’Allah place dans le cœur pour qu’il voie la réalité de ce que rapportent les Prophètes, comme s’il voyait directement et réellement. »

ABU-L ‘ABBAS AL MURSI
(QU’ALLAH L’AGRÉE)

« Si tu étais vraiment clairvoyant, tu verrais, le jour où la terre des âmes tremblera et où les montagnes seront pulvérisées, que le soleil de Dieu resplendit sans pareil ! »

ABDERAHMAN AL MAJDUB
(QU’ALLAH L’AGRÉE)

« La Création est faite des lumières et je marche parmi elles. Ce sont de grands voiles pour celui qui vit auprès d’elles. »

IBN ‘ATA ALLAH AS-SAKANDARIY
(QU’ALLAH L’AGRÉE)

« Ton effort à poursuivre ce qui t’es garanti et ta négligence à poursuivre ce qui t’es demandé : preuves que l’œil de ton cœur s’est assombri. »

DHUL NUN AL MISRI
(QU’ALLAH L’AGRÉE)

« L’homme qui possède la connaissance spirituelle possède un feu et une lumière : le feu de la crainte et la lumière de la connaissance spirituelle. En effet, son extérieur est consumé par le feu de la crainte et son intérieur est illuminé de la lumière de la connaissance spirituelle. »

AL KALABADHI
(QU’ALLAH L’AGRÉE)

Il a informé dans ce hadith que celui qui agit selon ce qu’il sait, Allah illumine son cœur. Et celui à qui Allah illumine le cœur, il lui est dévoilé nombre de choses du monde caché (ghayb). Il sait des choses qu’il n’a pas apprises par le biais de la certitude qu’il obtient de ce qu’il a appris. Non pas qu’il connaît les règles de la religion ou autres sans efforts pour les apprendre, comme le coran, les paroles du Messager d’Allah ﷺ ou les règles religieuses sans les apprendre. Il ne s’agit pas de cela. Plutôt, il lève et transperce les voiles qui sont entre lui et nombre de situations relevant du monde caché (ghayb). De sorte, il n’éprouve plus de doute et ses pensées ne peuvent lui disputer la vérité. »

Al Fawa’id

‘ABD AL ‘AZIZ AD DABBAGH
QU’ALLAH L’AGRÉE)

« Sachez que si Allâh veut donner à un serviteur l’une des lumières de la vérité (haqq), elle pénètre son essence (dhat) de tous les côtés en transperçant la peau jusqu’aux os. La souffrance qui s’en suit est semblable à l’ivresse de la mort. Cette formidable lumière a pour but de révéler tous les secrets concernant les créatures et les objets. Ainsi, s’il veut lui montrer les créatures humaines, la lumière lui révèlera les secrets de leur création. Il en sera de même pour les animaux et les végétaux. Et avant chaque vision, il souffrira physique ment de la même manière. La rencontre avec le Prophète se fera quand l’élu aura la vision de son essence noble (dhat alcharifa), pour cela il faudra plus de cent mille rayons de lumière pour faire disparaître toutes les qualités obscures. Par exemple pour obtenir la patience (sabr), la lumière transperçante fera disparaitre l’angoisse et l’anxiété. Pour obtenir la clémence, il éliminera la sévérité , et ainsi de suite, jusqu’à disparition de toutes les mauvaises qualités. De cette façon, l’élu verra son soi noble, car il aura traversé un nombre très important de stations (maquamat). C’est à ce moment qu’il est prêt à rencontrer notre seigneur al-Rasûl Muhammad. »

Kitâb al-ibrîz

IBN ARABI
(QU’ALLAH L’AGRÉE)

« Quand tu gardes, quel que soit ton état, la conscience permanente du Dhikr d’Allâh en ton cœur, celui-ci se trouve assurément illuminé par la lumière du dhikr, de sorte que celle-ci t’accorde le dévoilement (kashf), car par elle, les choses se dévoilent. »

Al-Futûhât al-Makkiyya

« La lumière est un Don (hadiyya) de Dieu qu’Il fait aux « hommes (élus) de Sa grâce » (ahl minnatih), à Ses bien-aimés, à Ses saints et à Ses serviteurs bienheureux. »

La Profession de Foi

RUMI
(QU’ALLAH L’AGRÉE)

« Quelques mots qui transmettent une leçon sont comme une lampe allumée qui a donné un baiser à une lampe qui ne l’était pas encore, puis s’en est allée. Cela suffit, et le but est atteint. »

ABDELQADIR AL JILANI
(QU’ALLAH L’AGRÉE)

« Sache que la cœur, ésotériquement, a deux yeux : le petit œil et le grand œil.
Le petit œil parvient à la vision des manifestations des Attributs par la lumière des Noms divins jusqu’à la finition des du monde des degrés.
Quant au grand œil, il parvient à la vision des manifestations des lumières de l’Essence dans le monde du Lahut. Il s’agit de la Proximité par la Lumière du Tawhid de l’union. L’arrivée à ces stations se fait par la mort pour l’homme. Et avant la mort, par l’extinction des caractères humains égotiques. L’arrivée à ce monde se fait pour le serviteur par la cession avec les caractères humains égotiques. »

« Le véridique (siddîq) voit par la Lumière d’Allâh, non pas par la lumière de ses yeux, ni par la lumière du soleil ou de la lune, car il s’agit là de la lumière d’Allâh commune à tous… mais plutôt il a une Lumière particulière que Allâh lui a donné. »

« La vision d’Allah est de deux sortes : l’une est la vision de la manifestation de l’attribut de Beauté parfaite d’Allah directement dans l’au-delà, et l’autre est la vision de la manifestation des attribut divin réfléchis sur le miroir limpide du coeur pur, dans cette vie dans ce monde. Dans un tel cas, la vision apparaît comme la manifestation de la lumière qui émane de la Beauté parfaite d’Allah et elle est vue par l’oeil de l’essence du coeur. Allah décrit cette vision vue par l’oeil du coeur : « Le coeur n’a pas menti en ce qu’il a vu » [sourate an-Najm, verset 11] »

A propos de la vision de la manifestation du divin à travers un intermédiaire, le Prophète ﷺ a dit : « Le croyant est le miroir du croyant ». Ce qu’il veut dire par le premier « croyant » – le miroir dans cette phrase -, c’est le coeur pur du croyant, alors que le second « croyant » qui voit Son reflet dans ce miroir est Allah le Très Haut. Quiconque arrive au niveau de la vision de la manifestation des attributs d’Allah verra certainement l’Essence d’Allah, dans l’au-delà, sans forme ni contenant. La réalité de cela a été confirmée par de nombreux bien-aimés et aimant d’Allah. Sayiduna ‘Umar (radiAllâhu ‘anhu) a dit : « Mon coeur a vu mon Seigneur par la Lumière de mon Seigneur ». Et Sayiduna ‘Ali (radiAllâhu ‘anhu) a dit : « Je ne prierai pas Allah à moins de Le voir. » »

« La niche représente le coeur plein de foi du croyant. La lampe éclairant la niche du coeur est l’essence du coeur, alors que la Lumière qu’elle répand est le secret divin, l’âme sultane. Le Verre est transparent et ne retient pas la lumière enfermée, mais il la protège et lui permet de diffuser, et c’est pourquoi il est comparé à une étoile. La source de la Lumière est un arbre divin. Cet arbre est l’état d’unité étendant ses branches et ses racines, inculquant les principes de la foi, communiquant sans intermédiaire dans le langage de pureté. ». « Allah décrit l’olivier béni, l’arbre de l’unité, comme n’étant ni d’Orient ni d’Ouest. En d’autres termes, il n’a ni commencement ni fin, et la Lumière dont il est la source ne se lève ni ne se couche. Il est éternel dans le passé et ne finira pas dans l’avenir. A la fois Allah et Ses attributs sont éternellement existants, parce que Ses attributs sont générés par la Lumière venant de Son Essence. La manifestation de Son Essence, comme la manifestation de Ses attributs, dépend de Son Essence. La Véritable adoration ne peut-être réalisée que par lorsque les voiles qui cachent le coeur sont enlevés, afin que la Lumière éternelle brille sur lui. C’est alors seulement que le coeur est illuminé par la Lumière divine. C’est alors seulement que l’âme voit la vérité à travers la niche. La finalité de la Création de l’univers est de découvrir, de voir le trésor caché. Allah dit par la bouche de Son Prophète ﷺ dans le Hadîth qudsî :« J’étais un trésor caché et J’ai voulu être connu. J’ai donc créé la création afin d’être connu. » […].

Dans Sa Lumière, par Sa Lumière ! La vérité de l’homme est dans le secret de cette Lumière, ainsi qu’Allah le dit par l’intermédiaire de Son Prophète ﷺ : « L’homme est Mon secret et Je suis son secret ». La place du Prophète Muhammad ﷺ, dont la Lumière fut la première des créations d’Allah, est décrite dans ses propres mots : « Je viens d’Allah et les croyants viennent de moi. ». Et Allah, parlant par l’intermédiaire de Son Prophète ﷺ, dit : «  »J’ai créé la lumière de Muhammad à partir de la Lumière de Ma propre Essence » « Si ce n’avait été pour toi (Muhammad), Je n’aurais pas créé la création » »« Allah a dit: « Et quiconque aura été aveugle ici-bas, sera aveugle dans l’au-delà. » [Sourate 17, Verset 72]. Ce n’est pas la cécité de l’oeil que l’on a à la tête qui empêche de voir la Lumière de l’au-delà mais la cécité de l’oeil du coeur. Ainsi que le dit Allah: « Car ce ne sont pas les yeux qui s’aveuglent, mais ce sont les coeurs dans les poitrines qui s’aveuglent. » [Sourate 22, Verset 46] ». « Quand les attributs de ténèbres disparaissent, la Lumière prend leur place, et celui qui a l’oeil de l’âme voit. Il reconnaît ce qu’il voit grâce à la Lumière des Noms des attributs divins. Il est alors lui même submergé par la Lumière et devient Lumière de l’Essence divine, mais un temps vient où ils sont eux-mêmes retirés, ne laissant que la Lumière de l’Essence divine elle-même. »

« Le coeur a deux yeux, l’un mineur , l’autre majeur. Avant l’oeil mineur, il se peut qu ‘ont soit capable de voir la manifestation des attributs et des Noms d’Allah. Cette vision continue tout au long de l’évolution spirituelle. L’oeil majeur ne voit que ce qui est rendu visible par la Lumière de l’unité et de l’identité. Ce n’est que lorsqu’on parvient aux régions de l’intimité d’Allah que cet oeil peut voir, dans le royaume ultime de la manifestation de l’Essence d’Allah, l’unité de l’Absolu ». « Si l’un de vous atteint cette Lumière , qui est suggérée dans ce livre, essayez alors de faire le bilan du compte de vos actions. C’est sous cette Lumière que vous pourrez voir ce que vous avez fait, ce que vous faites ; tenez votre comptabilité, faites le bilan. Ce livre des comptes, vous devrez le lire devant votre Seigneur, le jour du Jugement . C’est irrévocable. A ce moment-là vous n’aurez pas de loisir de faire le bilan. Si vous le faites maintenant , quand vous en avez le temps, vous serez de ceux qui sont sauvés .Sinon la souffrance et le malheur sont votre lot dans ce monde et dans l’autre ». « Ses Noms doivent être invoqués non avec la langue ordinaire mais avec la langue secrète du coeur. Ce n’est qu’ainsi que l’oeil du coeur voit la Lumière de l’unité. Quand la Lumière sacrée de l’Essence divine se manifeste, toutes les qualités matérielles disparaissent, toutes les choses se réduisent à rien. C’est l’état où toutes chose se consume totalement, un vide au-delà des vides. La manifestation de la Lumière divine éteint toutes les autres lumière. « Tout doit périr sauf Sa Face » [Le récit , 28 : 25]. Quand tout est enlevé, ce qui reste pour toujours est l’esprit saint. Il voit avec la Lumière d’Allah. Il le voit, et Lui le voit. Il voit par Lui, il voit en Lui, il voit pour Lui. Ce ne sont pas des images, ce ne sont pas des similitudes, lorsqu’on Le voit ; « Il n’y a rien qui Lui ressemble : et c’est Lui l’Audient, le Clairvoyant » [La consultation , 42:11]. Ce qui reste est une Lumière pur et absolue. Il n’y a rien qu’on puisse savoir au-delà. C’est le royaume de l’annihilation de soi (fana). Il n’y a plus de mental pour donner des informations. Il n’y a plus personne sinon Allah pour communiquer. Notre Maître le Prophète ﷺ décrit cette situation en disant : « Il y a un moment où je suis si proche d’Allah que personne, ni un ange ni un messager ni un prophète ne peut se glisser entre nous. » »

Le secret des Secrets

« Ces dévoilements sont de deux sortes : il y a ceux qui sont liés à la majesté et ceux qui sont liés à la beauté. […] Quant à la vision de la beauté, elle consiste en l’embellissement des cœurs avec des Lumières, l’allégresse et les bontés de même qu’avec les paroles délicieuses, les discours agréables, la bonne annonce des dons sublimes et des degrés supérieurs ainsi que la proximité avec Lui- qu’Il soit exalté-, ce qui augure de leur devenir avec Allâh. Ce privilège leur est prescrit de tout temps par don et miséricorde de Sa part, ainsi que par confirmation venant de Lui en ce bas monde avant l’arrivée du terme et du temps déterminé. […] C’est pour cela que le Prophète ﷺ disait à Bilâl, son muezzin -(radiAllâhu ‘anhu) : « Ô Bilâl, donne nous l’occasion de jouir du repos en faisant l’iqâma (le deuxième appel à la prière) afin que nous entrions dans la prière. » C’est à dire pour regarder ce que nous venons de mentionner. C’est pour cela aussi qu’Il a dit ﷺ : « Et le plaisir de mes yeux a été placé dans la prière ». « Il est rapporté d’après le meilleur des hommes, le meilleur de ceux que la terre a portés et que le ciel a abrité, Muhammad l’élu d’Allâh ﷺ ceci : « Le feu de la Géhenne dira au croyant : « Passe ô croyant, car ta Lumière a éteint ma flamme ardente ! » Cette Lumière du croyant qui arrive à éteindre le feu de la Géhenne n’est autre que celle qui le caractérise dans ce bas monde et le distingue de celui qui désobéit ». « Lorsque ce qui est faux (zûr) disparaît, la Lumière (nûr) s’installe. Fais en sorte qu’il n’y ait pas de place ou d’entrée dans ton cœur pour un autre que ton Seigneur. Tu as été établie comme le propre gardien de ton cœur, et il t’a été donné l’épée de l’Unicité (tawhid), de la Grandeur et de la Toute-Puissance. Quiconque tu vois s’approcher depuis l’allée de ta poitrine vers la porte de ton cœur, tu lui tranches la tête. […] Toutefois, s’il est prescrit dans le destin, que les créatures doivent venir à toi et se succéder auprès de toi, en cherchant à se conformer à toi et à être en harmonie avec toi, dans le but de bénéficier des Lumières et des sagesse sublimes, de voir les faits extraordinaires et les dons de thaumaturgie (karamât) incessants, pour accroître leurs offrandes, leurs actes d’obéissance, leurs mortifications et leurs dévotions à leur Seigneur, tu seras protégé d’elles en tout état de cause » « Il te prendra par la main, et tu seras avancé ; Il t’ôtera toutes les charges que tu portais, puis te plongera dans les océans de vertus, de dons et de miséricorde. Puis tu en seras sorti, et tu seras revêtu des toges de Lumières, de secrets, de sciences et de merveilles venant de Lui. Tu seras ensuite rapproché, entretenu et informé par inspiration. Tu seras interpellé, tu sera comblé, enrichi, affermi et élevé ; il te sera dit : « Dès aujourd’hui, te voilà, auprès de nous, placé à un poste d’autorité et de confiance. » [Coran, 12/54] ». « Il en est ainsi du croyant lorsque Allâh le rapproche de Lui et le choisit. Il ouvre devant l’oeil de son cœur, la porte de la miséricorde, des faveurs et des dons, et il verra ce qu’aucun œil n’a jamais vu, ce qu’aucune ouïe n’a jamais entendu et ce qu’aucun cœur n’a jamais imaginé. »

La purification des cœurs

AL BUZIDI
(QU’ALLAH L’AGRÉE)

Shaykh Ahmed al Alawiy dit : « J’assitais à des cours de Dogme, comme à mon habitude. Un jour il (mon cheikh) m’a demandé: « Quelles sont ces leçons ? » J’ai dit « Elles sont sur le Tawhid […] » Il répondit: « Tu aurais mieux fait de purifier ton âme jusqu’a ce que la Lumière de Ton Seigneur te parvienne et que tu comprennes enfin le vrai Tawhid. Quant à la science de la ‘aquida, cela ne vas qu’augmenter tes doutes et ajouter illusions sur illusions. »

SIDI AHMED AL ALAWIY
(QU’ALLAH L’AGRÉE)

« La connaissance de l’Unicité n’est pas ce que véhiculent les livres ou ce que bavardent les bouches mais bien les traces que laissent les Amoureux et dont les lumières scintillent dans l’espace. »

« Quoi que tu voies, tu vois son Etre, Dans l’unification absolue, Serait-elle enfermée sous un voile ? Là, le seul voile est Sa Lumière »

« En fixant de l’oeil le Nom, tu t’élèveras par Sa Lumière Jusqu’au point où les mondes en néant s’évaporent. Cela à l’ordre du seul cheikh, non au tien toutefois. Il est l’index de Dieu, aussi fais-lui confiance »

« Combien avez-vous (les aspirants à Allah), pendant le Dhikr, De Lumières qui vous inondent ! Lorsque le mélodieux chante Le Nom de votre Maître »

« Si ta foi devient certitude Il se peut que tu me découvres. Tu me trouveras revêtu des secrets et des Lumières propres à notre Prophète. »

« La Lumière de Dieu est incomparable. L’incapacité‚ à la décrire est une sagesse. Si j’osais le faire, ce serait prétention. »

« Celui qui appela à la proximité de Dieu a déclaré : En vérité, Je suis avec vous, car, où que vous vous tourniez Brille Ma Lumière, une est Mon Essence, En toutes choses l’on Me voit. »

« Ô Gens! vous êtes les bienvenus, Les élus de votre seigneur, les œuvres de son art, Créés parfaits pour lui, Il vous favorisa en dévoilant pour vous la Lumière de Sa face. Quelle gratitude peu rendre grâce ! De l’infini ? Ayez pourtant toute la gratitude dont vous êtes capable Pour lui qui a daigné accorder ce qui n’a pas de prix. »

« Présence de Sa Splendeur ! Ô souffle léger du soir ! Emporte Avec toi mon salut à Tâha… La Lumière du Bien-Aimé, ô amoureux T’attire en son sein sans recours ! L’homme à l’intelligence fine, La voit-il Qu’il s’en trouve emporté et ravi, Indescriptible merveille ! »

« Ô amoureux ! La Lumière du bien-aimé ravit ! Lorsqu’il la voit, elle peut mettre Un homme subtil hors de lui C’est quelque chose d’extraordinaire Le comprend qui s’approche C’est au moment de la jonction Qu’il verra cette réalité spirituelle »

« Beauté de l’Essence Muhammad le guide Lumière des attributs Mon trésor et mon soutien »

« Que Dieu t’accorde la paix, ô Lumière ! Ô Lumière de tous les éclats ! Ô meilleur de ceux qui occupent les états ! Ô envoyé de Dieu, tu es ; Tu es la Lumière irisée en formes ! Lumière sur Lumière, c’est ainsi que tu es venu ! C’est par elle que le Qorân est descendu Niche, Lumière, huile Et clarté : en équilibre parfait tu es venu ! »

IMAM AL GHAZALIY
(QU’ALLAH L’AGRÉE)

« Le cheminant ne parvient à l’un de ces voiles qu’en étant convaincu qu’il est arrivé au terme de son chemin. Abraham, que le salut soit sur lui y fait allusion lorsque Dieu le Très Haut dit en parlant de lui : « quand la nuit l’enveloppe, il observa son étoile et dit : « voilà mon Seigneur ! » » (VI, 76). Il ne s’agit pas ici des corps célestes qui éclairent car il les voyait petits et savait qu’ils étaient pas des divinités puisqu’ils étaient nombreux et non pas uniques. Les ignorants savent que les astres ne sont pas une divinité. Des gens comme Abraham, que le salut soit sur lui, ne peuvent être dupés par des astres qui ne peuvent percer la noirceur de la nuit. Le but recherché réside dans le fait que c’est une lumière parmi les lumières qui constituent les voiles de Dieu l’Exalté et qui se dressent sur la voie des cheminants. On ne peut concevoir de parvenir à Dieu le Très Haut sans, au préalable, parvenir à ces lumières, chacune plus lumineuses les unes que les autres. »

Révification des sciences religieuses

« Dès le début, c’est le commencement des Révélations et des visions. En état de veille, les soufis contemplent les anges et les esprits des Prophètes; ils entendent leurs voix et profitent de leurs conseils. Puis ils se haussent, de la vision d’images et de symboles, à des degrés ineffables. Nul ne peut tenter d’exprimer ces états d’âme, sans courir à l’inévitable échec. »

Erreur et délivrances

« Le but de la purification du cœur est l’installation des lumières de la foi dedans. Je vise par là l’apparition de la lumière de la connaissance et c’est cela qui est visé par le verset : « Celui qu’Allah veut guider, Il lui ouvre la poitrine vers l’Islam » ainsi que par sa Parole « (vois-tu) celui à qui Allah a ouvert la poitrine à l’Islam et qui est sur une lumière de son Seigneur. »

Oui, cette manifestation, cette foi a trois degrés :

  • la foi des gens du commun qui est la foi par imitation pure
  • la foi des gens du Kalam qui est un combiné de raisonnements par probation. Son degré est proche de la foi des gens du commun
  • la foi des gens de la connaissance qui est la vision de la lumière de la certitude.

Nous démontrons ces degrés par un exemple qui est la confirmation que Zayd soit dans sa maison :
[…] Le troisième degré est d’entrer dans la maison et de le regarder par tes yeux et de le voir. Ceci est la vraie connaissance et la vision certaine. Elle ressemble à la connaissance des rapprochés et des véridiques. En effet, ceux-là croient par la vision. Leur foi englobe celle des gens du commun et des gens du kalam. Ils distinguent d’une distinction certaine et l’erreur à leur endroit est impossible. Bien sûr, ils se dépassent entre eux selon leur degré de science et de dévoilement. »

« Il est établi qu’Allah est Lumière. Nulle autre lumière n’existe hormis Lui. Il est toutes les lumières. Il est la lumière absolue. Il est la Lumière suprême par laquelle les choses se révèlent pour Lui et par Lui. Les cieux, la terre et le reste des mondes sont pleins de lumières des deux sortes. C’est-à-dire la lumière attribuée à la vue et celle attribuée au cœur. »

Le Tabernacle des Lumières

« Tu as donc compris, après tout ceci, qu’il y a deux sortes d’yeux : un oeil externe et un oeil interne. L’oeil externe appartient au monde sensible et visible, l’oeil interne appartient à un autre monde, qui est celui du Royaume céleste (Malakût). A chaque oeil correspondent respectivement un soleil et une lumière par lesquels sa vision s’accomplit. Il y a un soleil extérieur et un soleil intérieur. Le soleil extérieur appartient au monde visible et c’est le soleil sensible ; le soleil intérieur appartient au monde du Royaume céleste, il s’identifie au Coran et aux autres Livres divins révélés. »

Le Tabernacle des Lumières

« Lorsque l’Envoyé de Dieu fut interrogé sur « l’ouverture de la poitrine » et sur le sens de ces Paroles divines : « A celui que Dieu veut guider au bien, Il lui ouvre la poitrine à l’Islam (la soumission) »(Coran,VI, 125), il répondit : « C’est une lumière que Dieu projette dans le cœur», « Et quel en est le signe ? » -lui demanda-t-on. Il répondit : « L’éloignement de la demeure de la tromperie et le retour à celle de l’Eternité »Le Messager d’Allâh ﷺ a également dit : « Dieu a créé les hommes dans les ténèbres, Il les aspergea ensuite de Sa Lumière »C’est à cette lumière que l’on doit demander le dévoilement de la vérité; elle jaillit de la générosité divine en certaines circonstances ; il faut l’attendre en se tenant à l’affût conformément à ces paroles du Prophète ﷺ : « de votre Seigneur émanent des flux de grâce au cours de certains jours de votre existence, exposez-vous donc à eux. » »

Erreur et délivrances

« Les grands spirituels, qui ont des visions intérieures (baçâ’ir), ont la claire conscience de l’existence de cette hiérarchie pour les lumières du Royaume céleste, l’être désigné sous le nom de « rapproché» (muqarrab) étant celui qui se trouve le plus près de la Lumière suprême, sache-le ! »

Le Tabernacle des Lumières

« Après cela, sache que de même que toute chose se manifeste à la vue grâce à la lumière extérieure, de même toute chose se manifeste à la vision intérieure grâce à Dieu! Il est en effet avec toute chose, Il n’en est pas séparé, puis Il fait apparaître toute chose, comme la lumière accompagnant chaque chose, qui apparaît grâce à elle. Mais il subsiste ici une différence : on conçoit que la lumière extérieure puisse disparaître au coucher du soleil et devenir invisible, permettant à l’ombre de se manifester. Tandis qu’on ne saurait concevoir la disparition de la Lumière divine par quoi toute chose apparaît; bien plus, tout changement en Elle est impossible, et Elle reste à jamais avec les choses. Ainsi se trouve coupée la voie de la déduction par la distinction. En effet, si l’on imaginait la disparition de la Lumière divine, les cieux et la terre s’écrouleraient, et la distinction perçue alors entraînerait nécessairement la connaissance de ce qui faisait apparaître les choses. »

Le Tabernacle des Lumières

RUZBEHAN AL BAQILIY
(QU’ALLAH L’AGREE)

« Ils le connurent par les signes aux commencements, et ils L’aimèrent à considérer [Ses] bienfaits et grâces. Puis, Il ne se contenta plus de ce qu’Il leur avait accordé car Il est la cause des principes qui régissent la cause créaturelle. Alors, Il fit apparaître pour eux les lumières de Sa présence et Il oignit leurs yeux avec le collyre du royaume de la puissance pour leur faire voir les rayons des soleils du monde de Son royaume angélique. Alors, ils L’aimèrent de l’amour propre à l’élite. »

Le dévoilement des secrets, page 134

« [Je vécus comme eux] jusqu’à ce que j’atteigne l’âge de 3 ans, lorsque résonna dans mon cœur cette question : « Où est ton dieu, le dieu des créatures ? » […] Alors s’écoula en moi quelque chose qui ressemble aux lumières [que l’on perçoit] dans la récitation du Nom de Dieu et aux expériences intérieures que provoque la méditation. Mais je ne compris pas vraiment le sens de ce qui m’arrivait. »

Le dévoilement des secrets, page 138

« Il me sembla voir le monde former comme une lumière rayonnante, foisonnante, immense.Il m’appela du milieu de la lumière en langue persane soixante-dix fois de suite en ces termes :  «  Ô Ruzbehan je t’ai élu par la Sainteté. Je t’ai choisi par l’amour. Tu es mon ami, mon amoureux. Ne crains rien ne t’afflige pas car je suis ton dieu qui t’assiste dans tous tes desseins. » » [page 141-142 -le dévoilement des secrets].

Le dévoilement des secrets, page 141-142

« Cet amour dont Il m’a fait l’héritier est perfection, sublime connaissance mystique. Alors, Il m’immobilisa entre Ses mains et à chaque instant Il se révélait à moi sous les qualifications de la splendeur, de l’éclat, de la lumière et de la clarté. »

Le dévoilement des secrets, page 146

« Je demeurais entre le sommeil et la veille, incapable de me réveiller tout à fait. Je dis dans mon agitation intérieure :  « Ô Généreux ! » Alors il se manifesta à moi – que Sa Majesté soit exaltée – sous la qualité de la majesté et de la beauté, révélant les joyaux de la lumière. Il en répandit sur moi une quantité immense qui se disséminait de Sa face prééternelle. Il dit :  « Tu as dit : Ô Généreux ! Prends donc ceci du Généreux, car Moi Je suis le Généreux, le Bienfaisant. »

Le dévoilement des secrets, page 146-147

« Je vis un voile épais tombant sur la mer. […] J’avançais auprès du voile, mais comme je voulais savoir ce qu’il y avait au delà, j’allai vers l’extrémité du voile. Lorsque je l’atteignis je vis une immense lumière qui brillait de derrière le voile. Et je vis une personne, qui du sommet de la tête au pied était semblable à la lune, son visage entier avait l’éclat de la lune et il était plus grand que l’ensemble des cieux. Ce personnage se saisit de l’ensemble de la présence divine, jusqu’à ce que ne subsiste plus le moindre lieu de la taille d’une tête d’épingle qui ne soit empli de lui. Il y avait sur son visage une lumière ininterrompue qui venait de la présence divine. Je voulus pénétrer derrière le voile mais je ne pouvais pas, et je me dis en moi même :  « Quelle est donc cette station et qui est ce personnage ? » Il me fut répondu dans ma conscience secrète : « Ceci est la staion digne d’éloge et voici Muhammad ﷺ. Et ce que tu vois baigner son visage c’est la lumière de la théophanie. Si tu pouvais pénétrer derrière le voile tu verrais Dieu -qu’il soit loué et éxalté- sans voile. » Cette station est celle dont Muhammad ﷺ a été gratifié en propre. »

Le dévoilement des secrets, page 150

«…Au début du dévoilement la lumière de la vérité arrive et confère à l’esprit le regard qui visualise le Vrai ~ partir de la source de la vision de Dieu, de telle sorte qu’il voit Dieu par le regard de Dieu. Alors les voies du dévoilement s’éclairent pour l’esprit sanctifié de sorte qu’il s’extrait de la poussière de l’adventicité, qu’il pénètre dans l’immensité désertique de l’unicité et qu’il abandonne la réalité descriptive de la condition humaine dans le désir de la contemplation, qu’il devient tout à la fois néant dans les heurts de la théophanie et étant dans la gracieuse beauté de la théophanie, si bien qu’il dépasse et la condition de n’être pas comme la condition d’être. »

L’itinéraire des esprits, page 80

« Son regard tombe alors sur le royaume de gloire le plus grand, et il voit les esprits et les corps des prophètes et des amis. Il voit les voiles des lumières, la tenture des secrets et le rideau de la sur-existence. Il voit les êtres spirituels et les chérubins confondus de tristesse et affligés dans le cercle de la présence divine . Et il voit l’ensemble des amants et des anges perdre leur sang. Il aperçoit alors lumière sur lumière, splendeur sur splendeur, magnificence sur magnificence, jusqu’à ce qu’il atteigne le rivage des attributs. Il se dirige vers l’observatoire de la proximité, et il voit les fiancées de la théophanie assises dans l’assemblée de l’intimité sur mille fauteuils et trônes. Puis la charge furieuse de la réalité de gloire fait une sortie, équipée des armes de la magnificence et l’annihile. Il ôte de la beauté de l’espoir le voile nuptial de la condition seigneuriale et Il fait de lui Son intime débarrassé de l’espoir et de la crainte. »

L’itinéraire des esprits, page 83

« Puis il le rend amoureux de Sa gracieuse beauté, et Il lui fait aimer Sa beauté incréée. Il le rend fou de désir pour Sa majesté. Il l’anéantit à lui-même par Sa dignité et Il le fait surexister par Son visage empreint de générosité. Il lui montre alors les lumières des mystères des attributs à la mesure de ce qu’il désire jusqu’à ce qu’il se colore de la couleur des attributs et qu’il trouve la force de percevoir la présentation en majesté de l’essence. »

L’itinéraire des esprits, page 84

« Mais le dévoilement et la contemplation se divisent en trois parties: une partie propre au commun, une partie appartenant à l’élite, enfin une partie réservée à l’élite de l’élite. En ce qui concerne la contemplation du commun dans le dévoilement et le dévoilement sans contemplation, c’est le fait que la pensée qui se trouve à l’étroit s’ouvre à eux par les lumières de la certitude afin que leurs esprits prisonniers voient par moments les traces des lumières du royaume angélique et les éclats des éclairs du royaume de gloire jusqu’à ce qu’ils soient raffermis dans l’accomplissement de la bonne action par cette lumière, qu’ils sortent du fourreau de la passion le miroir de leur cœur, et que s’y montrent les occurrences du commandement _ dans la vision de Dieu. La plupart de leurs dévoilements ont lieu dans le sommeil ou dans l’état qui est entre le sommeil et la veille parce qu’ils sont interdits de parcourir les mystères par l’aile des vertueux. »

L’itinéraire des esprits, page 89

« Apprenez mes frères – que Dieu vous comble des lumières de l’extase – que la réalité de l’extase est préparée par les lumières de la théophanie. C’est là la plus pure partie de l’extase, la quintessence du travail, et ce qui ravit l’esprit de l’aspirant. C’est qu’il les arrache aux misères de la condition humaine et des caractères des réalités naturelles, et il allège l’aile de l’esprit sanctifié des poids humains et sataniques afin qu’il s’envole auprès du voile nuptial de la sainteté dans l’atmosphère des mystères au-dessus du lieu le plus élevé. Alors, par les lucarnes du royaume angélique, il voit les lumières du royaume de gloire.Et il revient de là ivre et joyeux. La nourriture du cœur se mélange avec les drogues de la beauté et de la majesté qui rendent gai. Alors avec l’aide de son désir le cœur éprouve de la joie, et le corps commence à s’agiter à cause de l’excitation du cœur. »

L’itinéraire des esprits, page 116

« Ils voient la lumière de la lumière. Ils deviennent fous en percevant l’essence divine, et ils deviennent étrangers à eux mêmes. Leur esprit se met à fredonner en gouttant le délice de la contemplation. Tantôt ils se consument en eux-mêmes. L’être créé et le lieu foulés par leur pied grossissent pour engendrer. Le cœur des aspirants par la pureté de l’extase dans l’essence de la proximité acquièrent un rang illustre. Au moment de l’extase, dans le défilé parti de l’existence de Dieu dans lesquels plonge l’esprit sanctifié. Et de chacun des cheveux qui sont sur la tête du gnostique apparaît la vérité de la lumière. »

L’itinéraire des esprits, page 122

« Le lieu où demeure l’esprit c’est là même que le cœur regarde les lumières de Dieu, parce que Dieu s’y manifeste en personne sans voile. De ce cœur qui par l’apparence est un morceau de chair jusqu’à ce cœur qui est la demeure de l’esprit il y a sept cent mille voiles depuis l’extérieur jusqu’à l’intérieur. En vérité, lorsque Dieu a construit par Lui-même l’édifice du cœur, Il l’a nommé: Sa propre maison, comme Il a nommé la Ka’aba : Sa propre maison. Il a ouvert la porte de la Ka’aba visible et a clos la porte de la Ka’aba invisible. C’est parce que la Ka’aba visible est le lieu où la création accomplit son pèlerinage que sa porte doit rester ouverte, car elle est pour le commun. Mais la Ka’aba invisible doit garder sa porte close parce qu’elle est le lieu que visite Dieu, et c’est un privilège. Et il faut que les portes du cœur soient fermées pour qu’aucune parcelle des calamités de la fureur ne puisse pénétrer en lui. »

L’itinéraire des esprits, page 142

« Du cœur physique jusqu’au cœur de nature spirituelle il y a de grandes distances à parcourir. À partir du cœur spirituel l’esprit possède cent mille lucarnes donnant sur la cour du royaume angélique par lesquelles il voit les choses étonnantes du monde caché et les nouveautés merveilleuses du royaume. Et de cet endroit il envoie une émanation aux attributs humains. Par la lucarne de la contraction il voit les lumières de l’affirmation de l’unicité. Par la lucarne de la dilatation, il voit le pur es seulement. Par la lucarne de la peur il tombe dans l’essence de la magnificence. Par la lucarne de l’amour incréé les traces de la beauté incréée l’atteignent. Par la lucarne du désir il voit de tous ses yeux la contemplation. Par la lucarne de l’amour éternelle il goûte le vin de l’amitié. Par la lucarne de la pré-éternité on lui applique la gifle de son annihilation. Par la lucarne de l’éternité sans fin on l’emporte dans la chambre nuptiale de Sa sur-Existence. »

L’itinéraire des esprits, page 144

« La connaissance du cœur se divise en trois parties : une partie pour le commun, une pour l’élite, et une pour l’élite de l’élite. La connaissance du commun porte sur les qualités morales du cœur. La connaissance de l’élite porte sur les formes du dévoilement qui se trouvent dans le cœur. Enfin la connaissance de l’élite de l’élite porte sur les lumières de la contemplation qui paraissent dans le cœur ,du cœur qui est la chambre nuptiale de l’intimité de Dieu dans laquelle Dieu se montre à l’esprit sanctifié. Celui qui connaît les qualités morales du cœur connaît les opérations théophaniques de Dieu. Celui qui voit les formes du dévoilement connaît les attributs de Dieu. Celui qui découvre les lumières de Son existence connaît son essence pré-éternelle. La qualité morale du cœur , le dévoilement propre au cœur c’est la descente des attributs, et la lumière du cœur c’est le surgissement [var. : rayon] de l’essence. Quiconque le connaît par sa qualité morale est croyant. Quiconque connaît par son dévoilement est certain. Quiconque connaît par sa lumière affirme l’unicité. »

L’itinéraire des esprits, page 149

AHMED IBN AJIBA
(QU’ALLAH L’AGREE)

Ton effort à poursuivre ce qui t’es garanti
et ta négligence à poursuivre ce qui t’es demandé :
preuves que l’œil de ton cœur s’est assombri

L’Imâm Ahmad ibn ‘Ajiba dit, commentant cette Hikma de l’Imâm ibn ‘Atâ Allah Sakandari –Qu’Allah les agrée tous deux– nous explique: « Faire l’effort de poursuivre quelque chose, c’est concentrer ses efforts et son énergie à son obtention. La négligence, c’est la distraction et le gâchis. L’œil du cœur, c’est le moyen de perception du for intérieur, aussi bien que la vue est le moyen de perception des sens. L’œil du cœur ne voit que les significations et l’œil physique ne voit que les choses sensorielles. L’œil du cœur ne voit que le subtil et l’œil physique ne voit que l’apparent. L’œil du cœur ne voit que l’intemporel et l’œil physique ne voit que le temporel. L’œil du cœur ne voit que l’Être, alors que la vue ne perçoit que les êtres. Lorsque Dieu veut t’ouvrir l’œil du cœur, Il te rend Son serviteur dans tes actes et dévoue à ton amour pour Lui dans ton être. Lorsque l’amour et le service grandissent, la lumière de ton œil du cœur devient plus forte jusqu’à dépasser celle de la vue, et la lumière de la vue disparait dans la lumière de l’œil du cœur pour ne voir que les significations subtiles et les lumières intemporelles perçues par l’œil du cœur.

Voilà le sens de ces vers du shaykh al-Majdhub :

Ma vue s’est évanouie dans la Vision et je fus annihile à l’éphémère
Je l’ai réalisé, et je ne pouvais voir d’autre que Lui et je suis resté à jamais ravi en cet état

Lorsque Allah veut rabaisser Son serviteur, Il l’occupe extérieurement au service des choses de ce monde, tandis que son intérieur est attaché à l’amour de ces mêmes choses. Il continue ainsi dans cette attitude, jusqu’à ce que la lumière de son œil du cœur s’éteigne et que la lumière extérieure recouvre la lumière de l’œil du cœur, de sorte qu’il ne voit plus que les choses sensibles et n’agisse plus que pour ces choses sensibles. Alors, il déploie des efforts pour obtenir les biens de ce monde qui lui sont garantis et devient négligent pour s’acquitter de ce qui lui est demandé. S’il remplace la négligence par une totale absorption dans le monde sensible et la paresse par un abandon total au monde, l’obscurcissement devient un aveuglement complet. C’est cela, la mécréance. Que Dieu nous en préserve ! Ce monde est comme la rivière de Goliath : aucune personne qui venait s’y désaltérer n’était sauvé, sauf ceux qui n’en prenaient qu’une petite gorgée, et non pas ceux qui y étanchaient toute leur soif. Alors comprends bien cela ! Ce sont là les paroles du Shaykh Zarruq -Qu’Allah sanctifie son secret. »

Iqadh ul-Himam

Sidi Ahmad ibn ‘Ajiba -qu’Allâh l’agrée- dit aussi :« Parmi les hommes, il y a ceux dont les voiles de ténèbres s’amoncellent et obstruent les lumières totalement. Ils vont même jusqu’à nier l’existence de cette lumière. Ceci est la station de la mécréance, qu’Allah nous en préserve (…) D’autres, la rouille de leur cœur est moindre et les certains voiles se lèvent. Ils confirment l’existence de la lumière mais ne la voient pas (par mouchâhada). Ceci est la station du commun des musulmans. » [ibid]

Il dit aussi, qu’Allah l’agrée « Toute l’existence est dans les ténèbres pour les gens du voile. Pour les gens de la connaissance, elle est toute lumière…… Quiconque regarde l’existence et n’y voit pas de la lumière, ou avant elle, ou après elle, l’existence des lumières lui aura échappé et il aura été voilé des soleils de la connaissance, par méconnaissance de ses traces (…). Et quand à ceux qui ont mécru, le taghut « les fait sortir de la lumière aux ténèbres », ils les empêchent de voir les lumières et les font rester dans les ténèbres. »

Al Bahr al madid fi tafsir al qur’an al Majid

Il nous relate également dans sa biographie : « Il me parut ensuite que la répétition de la prière sur le Prophète au moyen du rosaire facilitait la concentration et je me mis à la répéter un très grand nombre de fois. Pendant que j’étais ainsi plongé en elle, je voyais briller des lumières, des ornements, des palais et toutes sortes de choses extraordinaires m’apparaissaient, mais je m’en détournais ; plusieurs fois, en songe, je vis le Prophète. »

Sayidunâ Ahmad Ibn ‘ajiba commenta une sagesse de l’Imâm Ibn ‘ata Allah (radiAllâhu anhuma) :

Ténèbres est le monde entier : seule l’illumine l’épiphanie de Allâh en lui

Commentaire : « Si on regarde par l’extérieur sensible, on ne perçoit que les ténèbres. Si on pénètre jusqu’à l’intérieur on perçoit le sensible comme une lumière du Malakut. Allâh ﷻ dit : « Allâh est la lumière des cieux et de la terre » (Coran 24 : 35). Ainsi les paroles du shaykh “Ténèbres est le monde entier” ne concerne que les gens du voile, car l’extérieur des êtres est incrusté dans leurs cœurs. Pour ce qui est des gens de la connaissance, leur perception intérieure les pénètre jusqu’à la vision du Réél, et ils voient l’être des phénomènes comme étant une lumière émanant de l’Océan du Jabarut, et de ce fait l’Etre entier est lumineux. Allâh ﷻ dit : « Dis : Regardez ce qui est dans les cieux et sur la terre » (Coran 10 : 101), c’est à dire : regardez la lumière de Son Malakut et les mystères de son Jabarut, ou encore : regardez les secrets des significations érigés dans ses formes »

Toujours dans son ouvrage « iqadh al-himam », il dit :
« Le regard intérieur est l’oeil du coeur, aussi bien que les yeux sont la vision du corps. Le regard intérieur perçoit les significations cachées de la lumière, alors que les yeux ne voient que les sombres formes du monde physique. L’oeil intérieur perçoit la lumière des significations subtiles et il existe cinq sortes de personnes, selon leur regard intérieur.

  • La première, c’est l’aveugle : c’est celui qui renie la lumière du Réel, son être véritable. Sidi al-Busiri a dit : « La vision réduite refuse de croire en la lumière du soleil et la langue du malade a refusé de boire de l’eau.C’est le regard intérieur des incroyants. Allâh ﷻ dit : « …ce ne sont pas les regards qui sont aveugles, mais s’aveuglent les coeurs qui battent dans les poitrines ». (Coran 22 : 46)
  • La deuxième sorte, c’est ceux qui ont une bonne vue, mais qui ont une maladie qui les restreint. Ils attestent que la lumière existe, mais ne sont pas assez forts pour la voir, ni pour réaliser sa proximité ou sa distance. Ce sont les coeurs du commun des croyants.
  • Une autre sorte de gens, ce sont ceux qui ont un bonne vue intérieure, une vue assez forte. Ils sont proches de retrouver la vue, mais sont incapable d’ouvrir leurs yeux à cause de l’intensité de la lumière. Ils sentent donc que la lumière est proche d’eux. Ce sont les coeurs du commun des croyants qui se dirigent sur le chemin. Cette station s’appelle “la station des rayons de l’oeil du coeur”.
  • La quatrième sorte de gens, ce sont ceux qui ont une bonne vue intérieure et qui peuvent ouvrir les yeux et percevoir la lumière dans laquelle ils baignent. Ils s’estompent d’eux-mêmes par la contemplation de cette lumière. Ce sont les coeurs de l’élite qui se dirigent sur le chemin. Cette station s’appelle “la station de la réalité (‘ayn70) de l’oeil du coeur”.
  • La dernière catégorie de gens a une vue parfaite et une forte lumière qui atteint la lumière de sa source et qui ne voit que la lumière primordiale et qui nie l’existence de toute autre lumière si ce n’est celle de la lumière fondamentale. « Dieu était, et rien n’était avec Lui : Il est maintenant comme il était alors ! » C’est “la station de la vérité du regard intérieur”. »

Iqadh ul-Himam

SIDI MUHAMMAD AL MADANIY
QU’ALLAH L’AGREE)

Allah ! Ô ! Lumière sur lumière,
De toi jaillissent toutes les lumières
Dans le dévoilement, tu parais caché,
Absent des regards ; Mais l’homme de bon sens ; S’est égaré dans ta beauté
Tu t’es manifesté ; Sous des couleurs
Que nul ne peut compter,
Et chaque couleur, tu l’as faite parfaite.
Nous te voyons, quand à nous,
De façon évidente, à travers les hommes. D’ailleurs toutes les créatures
Sont la preuve de ton secret bien gardé.
N’as-tu pas ordonné
A la contingence et au temps d’être ; Et ils furent. Tout titre son essence
De ta lumière pré-éternelle, De ton secret caché. De la présence du Quddus
Les verres s’étaient aussi multipliés
Comme fleurs sauvages aux champs,
Comme roses au jardin, Et moi, j’en suis ivre, Ivre de lumière,
De beauté lumineuse qui éclaire, comme chandelle.
Et mon cœur vers la lumière, s’était penché, Tant il était attiré par sa magnificence.
A-t-elle sa pareille,
Cette lumière rayonnante ?
Dans sa beauté splendide ?

Allah ! Ô Lumière sur Lumière

La mémoration du bien-aimé débouche sur l’extinction en Allāh
Eteins les mondes
ainsi tu contempleras la lumière du Clément
De tes yeux, oui !
Seul, Il t’apparaîtra dans l’océan de la lumière
Dans les choses occultes, comme dans ce qui est patent
Tu contempleras le Compatissant qui se dévoilera
dans l’océan de l’essence
dans celui des noms et des attributs (d’Allāh)
Tu verras clairement la lumière de Dieu
O ! toi, mourid
Abreuves- toi du vin de l’unicité
Bois ! Bois encore ! Encore !
Et invoque Allāh le bien-aimé
Grâce à la mémoration d’Allāh
tu parviendras à la lumière,
tu parviendras à l’union

La mémoration du bien-aimé

Je jure par Celui dont la beauté s’est dévoilée pour éclairer le monde de sa lumière éclatante,
que l’Être est apparu clairement pour les témoins et que la nuit s’est dissipée dans un matin pénétrant.

Divulgue ta passion

Ô ! Envoyé d’Allah, la nuit a brillé d’une lumière miraculeuse,
De la lumière, elle a tiré sa brillance et son épanouissement de Ton éclat sans pareille;
Et le flux de sainteté a débordé de ses limites et s’est répandu
Dessus l’Eternité, dessus l’Eden, plutôt dessus tout ce qui est noble.
Ô ! Je n’ai pas le droit de Te conter, encore moins celui de Te peindre sous les traits des hommes ; car ce serait une offense envers Toi.

Ô envoyé d’Allah

Qu’est-ce que tu observes dans ce que tu vois, quand tu regardes…
Mais l’univers n’est que poussière éparpillée, sauf la Face majestueuse d’Allah .
Le soleil de l’Etre a brillé, pris son équilibre, enveloppé les liens et a tout embrassé.
Mais qu’est-ce qui existe vraiment, hormis la Vérité Réelle ?
Seule l’Essence S’est manifestée et a ascendé.
Et l’univers entier en Elle s’est annihilé.

Mon cœur a oscillé

Mon cœur (tout) délaissé pour s’orner de Ta beauté.
Les ténèbres du monde d’ici-bas furent offusquées par la lumière de Ta beauté.
Ton ordre venant du monde invisible s’est révélé, puisque Ton miroir l’a reflété.
Tous ces mondes procèdent (en effet), qu’il s’agisse des Terres ou des astres, de Ta manifestation.
Et ta Lumière précieuse est aussi de Toi une manifestation, pour celui qui Te voit ;
Oui ! Ta Lumière s’est rapprochée (de moi) et resta suspendue !
Elle m’a débordé, jusqu’à ce que je me fusse absenté en Toi.

Ô être beau

Toi, qui abreuves les cœurs à même
le verre de l’échanson, abreuve-moi le cœur,
Afin que je voie mon Bien- Aimé, que je Le voie d’un œil limpide ;
Voilà ce qu’il me faut pour guérir.
Espérance des âmes (en détresse !)
Viatique des esprits ! Lumières des yeux,
Quand je Te vois, ô ! mon amour, je me repose et le voile se lève.
Remplis les tasses rapidement, mais doucement et tends-moi tes mains, que je boive!
Je suis l’amoureux perplexe dont le cœur erre à cause de Toi ;
et je ne vois rien d’autre que Toi ;
ô ! Lumière des regards,
ô ! Toi dont la proximité grandit.
Toute manifestation contient une lampe dans la niche de l’éloignement.
Tu apparais dans chaque chose ; n’es-tu pas le Souverain des mondes ?

Toi qui abreuve les cœurs

Bénissez celui qui est plus beau que la pleine lune,
Plus beau que le soleil dissipateur des ténèbres

Bénissez celui qui est plus beau que la pleine lune

Le Prophète n’est-il pas
La porte qui ouvre sur Allah
Sans lui peut-on accéder à la lumière ?

Qui n’aime pas l’envoyé

Les univers sont des lieux de manifestation pour Celui qui a créé ta lumière
De ta lumière les éclaires de toutes les Créatures tirent leurs brillances.
La vérité Réelle m’a enveloppé dans la Lumière, et je suis devenu la source de la beauté.

Laisse l’univers derrières toi

Et la lumière d’Allah me couvre et sa clémence me préserve ;
L’œil d’Allah veille sur moi ; Sa protection me cuirasse

Allah me suffit

‘ABD AL KARIM AL JILIY
(QU’ALLAH L’AGRÉE)

Le Shaykh ‘Abdul Karim al Jiliy dit, après avoir évoqué les différences manifestations possibles des Attributs d’Allah dans le cheminement du murid et la fan dont Allah s’adresse à lui :
« Parmi ceux à qui Il s’adresse, se trouvent ceux que Le Vrai fait sortir du monde des corps vers celui des âmes. Et ceci est la plus haute des stations. Il s’adresse à certains par leur cœur. Certains, leur âme monte au ciel le plus proche, d’autres au second, d’autres au troisième, chacun selon ce qu’Allah lui a destiné. D’autres montent jusqu’à la sidrah al muntaha et Allah s’adresse à eux là bas. Chaque personne, Allah s’adresse à elle selon son degré de plongement dans les réalités et cette parole lui sera destinée. En effet, Allah ne met jamais une chose hors de l’endroit où elle était destinée. Parmi eux, certains se voient projeter sur eux, au moment où Il s’adresse à eux, une lumière qui jaillit en colonne de lumières. Certains reçoivent un minbar de lumière.

D’autres voient une Lumière dans leur intérieur et entendent l’adresse de cette direction lumineuse. Il se peut aussi qu’ils voient la lumière abondante, brillante et éclatante.
D’autres voient une forme spirituelle qui leur parle. Ceci n’est pas appelé une adresse tant qu’il ne sait pas que c’est Allah qui s’adresse à lui. (le fait que ce soit Allah qui s’adresse à lui) ne requiert pas de preuve. En effet, il reconnaît cela par le sentiment de peur car la particularité de la Parole d’Allah n’échappe à personne. S’il sait qu’il a entendu la Parole d’Allah, cela ne requiert pas de preuve ni d’explication. Par le simple fait d’entendre l’adresse, le serviteur sait qu’il s’agit d’Allah. »

al Insan al Kamil