بسم الله الرحمن الرحيم 
و الصلاة و السلام على أشرف المرسلين
و على اله و اصحابه أجمعين
 
 

 
La Mouraqqa’a de Sayidina ‘Omar (radiAllâhu ‘anhu)
 
Sayidunâ ‘Omar ibn al-Khattâb (radiAllâhu ‘anhu) n’est pas allé conquérir la ville de l’Isrâ du Messager d’Allâh (sallAllâhu ‘alayhi wa sallam) au milieu d’une nombreuse armée ni sur une belle et forte monture… au contraire il a traversé des endroits périlleux et des déserts habillé d’une mouraqqa’a, accompagné d’un serviteur et d’une monture de fortune, récitant tous deux la sourate yâ-sîn. Tantôt ‘Omar (radiAllâhu ‘anhu) montait la bête, tantôt c’était son serviteur, et tantôt la bête se reposait. Par cette expédition, al-Fâroûq (radiAllâhu ‘anhu) a donné une leçon pour ceux qui sont doués d’intelligence.

Arrivant au campement de l’armée des musulmans, Aboû ‘Obayda et d’autres Sahâba l’accueillent d’une manière qui convient au Commandeur des Croyants. Aboû ‘Obayda se pencha alors pour embrasser la main de ‘Omar, et celui-ci se baissa alors à son tour pour embrasser son pied, l’un retenant l’autre… et c’est ainsi que les Sahâba s’accueillaient entre eux, c’est ainsi que les éduquèrent l’école du Bien-Aimé (sallAllâhu ‘alayhi wa sallam), ô toi qui rejette le fait d’embrasser la main…

Les Sahâba demandèrent donc à ‘Omar (radiAllâhu ‘anhu) de monter une autre monture et de se vêtir d’un vêtement qui convienne à la grandeur de ce jour, et ils ne cessèrent d’insister jusqu’à ce qu’il y consente… Alors il lui fut donné un cheval de charge, et lorsqu’il le monta il sentit en lui de l’orgueil et de la fierté et en descendit aussitôt en disant : « Avant ce jour je ne pensais pas que les diables montaient… je dois reprendre ma mouraqqa’a et ma monture ».
Il se dirigea ensuite vers la ville sainte et, tout en marchant vers elle, il mit les pieds dans la boue d’un ruisseau non loin de Jérusalem. Il retira alors ses sandales et les prit d’une main, tandis que de l’autre il tenait la bride de sa monture. Aboû ‘Obayda (radiAllâhu ‘anhu) lui dit alors : « Mets-tu tes deux pieds dans la boue, ô Commandeur des Croyants, et te vêtis-tu de cette mouraqqa’a tandis que ces gens sont des princes et des rois qui prêtent grande attention aux apparences !? » ‘Omar le frappa alors à la poitrine en disant : « Si un autre que toi avait dit cela ô Aboû ‘Obayda, je l’aurais frappé à la tête avec ce fouet : certes nous étions les plus méprisables et les plus viles personnes, et Allâh nous a honoré et élevé par l’Islâm, et si nous demandions l’honneur et l’élévation par autre chose, Allâh nous avilirait ».
 
Qu’Allâh rétribue ‘Omar, Fâroûq de l’Islâm, et en effet il n’y a pas d’honneur ni d’élévation dans le fait de porter des tissus voués à disparaître, ceci se trouve au contraire dans un cœur tranquillisé et totalement éteint dans la présence divine.
C’est ainsi donc que ‘Omar (radiAllâhu ‘anhu) marchait, les pieds couverts de boue, tenant en main la bride de sa monture sur laquelle se trouvait son serviteur.
Et lorsque les responsables religieux de la ville le virent arriver ainsi ils dirent : « Par Allâh, voici que vient votre compagnon ! », et après quatre mois de siège ils lui remirent les cléfs de la ville sans opposer la moindre résistance.
Leur représentant se présenta à lui, tenant en sa main les clefs de Jérusalem, et après les lui avoir remis il lui dit : « Les caractéristiques de celui à qui les clefs de Iliyâ’ (Jérusalem) seront remises sont au nombre de trois, et on les retrouve dans notre livre (c’est-à-dire l’explication de l’Evangile) :

La première : Il viendra en marchant tandis que son serviteur sera sur leur monture
La deuxième : Il viendra les pieds couverts de boue.
La troisième : Permet moi de compter le nombre de morceaux de tissus cousus sur ton vêtement…
Il les énuméra alors et releva dix-sept morceaux (et dans une autre version quatorze, et dans une autre encore douze) !
Il dit alors : Et ceci est la troisième caractéristique.
Il remit alors au Commandeur des Croyants les clefs de Jérusalem.
Il ne s’agit donc pas de se vêtir des plus beaux vêtements et de dire : voilà, je suis… Habille-toi de ce que tu veux, mais souviens toi que les responsables religieux de Jérusalem ont remis les clefs de la ville à un homme noble et fier… vêtu d’une mouraqqa’a !
Sourceal-Kawâkib ad-Durriya fi bayân al-‘Usoûl an-Noûrâniya (Mawlânâ sidi Muhammad Fawzi al-Karkariy)