بسم الله الرحمن الرحيم
و الصلاة و السلام على أشرف المرسلين
و على اله و اصحابه أجمعين

Réponse aux arguments de ceux qui dénigrent l’utilisation de la subha

Ce travail est tiré de la mawssoû’at ul-kasanzâniyah :
Certaines personnes ont dénoncé l’utilisation de la subha au travers de faux arguments que nous citerons et que nous nous efforcerons de réfuter.

  • Ils ont dit: Le Messager d’Allâh (sallAllâhu alayhi wa sallam) comptait le nombre de tasbîh à l’aide de ses phalanges, car les doigts témoignent au Jour du Jugement. Ils se sont basés en cela sur deux hadîth, l’un rapporté par Abû Dâwûd disant: « Il comptait ses tasbîh à l’aide de sa main droite » , l’autre rapporté par at-Tirmidhiy qui dit: « Il comptait ses tasbîh à l’aide de sa main ».

Or il se trouve que même si le Prophète (sallAllâhu alayhi wa sallam) se servait de ses mains pour compter ses tasbîh, il n’a pas empêché ni critiqué le fait que certains compagnons aient recours à des noyaux de dattes, des petits cailloux ou autres pour faire du dhikr. Et de fait, la main qui compte les tasbîh sans objet intermédiaire est exactement la même main que celle qui compte les tasbîh à l’aide d’une subha… par conséquent l’utilisation de la subha n’empêche en rien le témoignage des doigts qui l’actionnent, au Jour du Jugement, et elle n’empêche non plus en rien le jaillissement des Lumières liées à la pratique du dhikr. Citons également la parole de l’Imâm as-Suyûtiy : «Au sujet de la subha, si l’évocateur ne se trompe pas en comptant ses tasbîh, alors le fait de compter avec ses doigts est préférable, dans le cas contraire il vaut mieux utiliser la subha.»- Ils ont prétendu que l’utilisation de la subha mène à l’ostentation, et donc que le fait de la délaisser complètement était meilleur et permettait de protéger son dîn. Or l’ostentation peut affecter toutes les autres adorations… délaisse-t-on pour autant ces adorations afin de nous protéger de l’ostentation ?

  • Ils ont dit qu’il s’agissait là d’une innovation, que le Messager d’Allâh (sallAllâhu alayhi wa sallam) ne l’avait pas fait, que les sahaba non plus ne l’avaient pas fait, que toute innovation est un égarement et que tout égarement mène au feu de l’enfer.

Or le Messager d’Allâh (sallAllâhu alayhi wa sallam) a dit en ce sens : « Quiconque établira l’accomplissement d’une bonne action en recevra sa récompense ainsi que la récompense de ceux qui la pratiqueront après lui, jusqu’au Jour du Jugement ». C’est la raison pour laquelle les savants ont établi qu’il n’était pas correcte de statuer généralement que toute innovation est un égarement, en ce sens ils ont dit que parmi les innovations et les apports nouveaux se trouvent des choses :

  1. obligatoires (wâjib), comme par exemple l’établissement de règles de la langue arabe et son enseignement.
  2. conseillées (mandûb), comme la construction d’écoles.
  3. interdites (harâm), comme le fait de réciter le Coran d’une manière différente de celle avec laquelle il a été révélé.
  4. permises (mubâh), comme le fait de manger sur une table.
  • Ils ont dit que le fait de faire un nombre de tasbîh déterminé est une innovation, que dire donc de compter les tasbîh à l’aide d’une subha!?

Il suffira, pour répondre à ceux qui dénigrent le fait de pratiquer un nombre déterminé de tasbîh, de les renvoyer aux athâr qui mentionnent clairement le fait que certains sahaba avaient un wird bien déterminé, comme par exemple 12000 tasbîh chez sayidinâ Abîy Houreyra, ou bien 40000 tasbîh chez sayidinâ Khâlid ibn Ma’dân, ou encore 100000 tasbîh pour sayidinâ Abîy d-Dardâ’(radiAllâhu anhum). De même, certains tabi’in avaient un wird de 30000 tasbîh, et certains autres avaient un wird journalier de 300 rak’at, d’autres 600 et encore d’autres 1000 rak’at par jour.


Source : al-Kawâkib ad-Durriya fi bayân al-‘Usoûl an-Noûrâniya (Mawlânâ sidi Muhammad Fawzi al-Karkariy)