بسم الله الرحمن الرحيم 
و الصلاة و السلام على أشرف المرسلين
و على اله و اصحابه أجمعين

 

Sache que les larmes ne sont que l’expression de l’œil (et il s’agit ici de l’œil du cœur, l’œil véritable, tandis que les yeux de la tête ne sont en réalité qu’une imitation de celui du cœur, remplissant une partie des fonctions seulement de ce dernier dans le monde sensoriel). L’œil du cœur, lorsqu’il pleure, est consumé par le feu du désir divin. Il déborde alors de son for intérieur des larmes de Vie et d’Amour.

Le monde sensoriel a donc un lien direct avec le monde des sens profonds, et on dit même que le monde sensoriel n’est qu’une expression de ces sens profonds, par conséquent si le cœur éprouve le sentiment de la soumission complète et de la remise exclusive en Allâh (khouchou’), les membres éprouvent eux aussi ce même sentiment et deviennent ainsi la plume par laquelle on écrit ce qui se trouve dans le cœur… et lorsque le cœur s’appaise, les peaux frissonnent, ainsi Allâh –subhânahu wa ta’âlâ) dit :  «Allah a fait descendre le plus beau des récits, un Livre dont [certains versets] se ressemblent et se répètent. Les peaux de ceux qui redoutent leur Seigneur frissonnent (à l’entendre); puis leurs peaux et leurs coeurs s’apaisent au rappel d’Allah. Voilà le [Livre] guide d’Allah par lequel Il guide qui Il veut. Mais quiconque Allah égare n’a point de guide.» [sourate az-Zumar.v23]

Allâh –ta’âlâ- dit aussi :
«
Et quand ils entendent ce qui a été descendu sur le Messager [Muhammad], tu vois leurs yeux déborder de larmes, parce qu’ils ont reconnu la vérité. Ils disent : « Ô notre Seigneur! Nous croyons : inscris-nous donc parmi ceux qui témoignent (de la véracité du Coran).» [sourate al-Ma’ida.v83]

Ibn al-Bannâ (radiAllâhu ‘anhu) a dit :Il n’est pas permis de parler (pendant le sama’)     ///     ni de se distraire les uns les autres, ni de sourire

Ibn ‘Ajîba (radiAllâhu ‘anhu) explique cela de la manière suivante: « Je dis : Il n’est pas permis de parler pendant le sama’, car pour les Connaissants (‘ârifîn) il s’agit de ce qui accompagne et permet le wajd (balancement) et donne accès au breuvage enivrant. Le fait de parler éloigne donc le cœur de la Hadra et le détourne de la réalité divine (Haqîqa). Il est donc obligatoire (wâjib) de délaisser la parole pour celui qui voudra réunir son cœur en la présence divine. Pour le non Connaissant en revanche cela est permis car ce dernier est proche du degré de la fausseté (bâtil). »
 

as-Sulamiy (radiAllâhu ‘anhu) a dit : « Et la quiétude se réalise avec la présence du cœur et de l’esprit, et l’attention aux paroles de ceux qui interprètent les poèmes est prioritaire à la concentration sur autre chose car les poèmes affermissent et résignent. De même il convient aux gens présents lors du sama’ de rester calmes et détendus et d’écouter attentivement les poèmes. »

Allâh (ta’âlâ) dit : « Quand ils assistèrent [à sa lecture] ils dirent : « écoutez attentivement » ».Et Il dit également : « et les voix baisseront devant le Tout Miséricordieux. Tu n’entendras alors qu’un chuchotement. » Quant à l’interdiction de se distraire les uns les autres, dans la mesure où il n’y a pas de besoin relatif à l’état du cœur, ce qui est recherché ainsi n’est rien d’autre que l’accès à la quiétude de la nafs, et on entend par le fait de se distraire les uns les autres : se tourner vers toute autre chose, que ce soit par le cœur ou par le corps et les gestes, et ainsi de se laisser préoccuper par autre que le sama’. Et enfin pour ce qui est de l’interdiction de sourire, c’est qu’il y a en cela un manque aux convenances (adab), et si ce manque de bonne manière se manifeste il dérange.

as-Sulamiy (rahimahuLlâh) a dit: « Et que n’assiste pas à l’assise de sama’ celui qui sourit ou bien joue et se distrait. »

On raconte également que le Sheykh Aboû ‘AbduLlâh ibn Khafîf a dit : « J’ai assisté, en compagnie de mon Sheykh, à une assise à Bushrân et ce jour là les gens se mirent d’accord pour faire du sama’. Vint ainsi le moment du Sheykh qui commença à se balancer et à tourner… Mais il y avait là parmi les présents des enfants de la dounia, et l’un d’entre eux se mit à sourire. Le Sheykh prit alors un chandelier qui se trouvait là et le lança contre le mur, de telle manière que les trois branches du chandelier vinrent s’y planter. Et il avait certainement prié trente sunna du sobh avec les ablutions de l’ishâ’. » 

[Sheykh Ahmad ibn ‘Ajîba, al-Foutoûhâte al-Ilâhiya fi Charhi l-Bâhithi l-Asliya]

Sourceal-Kawâkib ad-Durriya fi bayân al-‘Usoûl an-Noûrâniya (Mawlânâ sidi Muhammad Fawzi al-Karkariy)