بسم الله الرحمن الرحيم 
و الصلاة و السلام على أشرف المرسلين
و على اله و اصحابه أجمعين
  

 

Pourquoi revêtir toutes ces couleurs?

Dans un Hadîth, le Prophète (sallAllâhu ‘alayhi wa sallam) dit:
« Tenez en votre for intérieur ce que vous voulez, car par Allâh ni un serviteur ni une communauté de gens ne gardent une chose en leur for intérieur sans vêtir celles-ci d’un habit en conséquence. Si c’est du bien, ce sera du bien, et si c’est du mal ce sera du mal. […] »
 
..Quand le mourid Karkariy voit par l’oeil de son coeur, durant son dhikr, des Lumières et des couleurs… qu’il sache que ce sont là les manifestations de certains Noms divins, qui se réalise par ce qu’on appelle en arabe « tanakuh al-asma – l’accouplement des Noms » … c’est à dire que par exemple le Nom ad-Dhâhir (l’Apparent) se joint au Nom al-Noûr (la Lumière), qui est décrit dans le Coran comme étant la source d’une énergie Lumineuse semblable à une niche dans laquelle se trouve une lampe, la lampe étant elle même semblable à un cristal… lorsque donc le Nom ad-Dhâhir se manifeste au mourid durant son dhikr, il couvre le cristal d’une couleur jaune… et la Lumière, jaillissant par delà le voile du cristal, atteint l’œil du mourid dans une teinte jaune, plus ou moins intense…
 
Lorsque c’est le Nom al-Waliy qui se manifeste, c’est la même chose mais avec le violet… etc.Donc quand le mourid Karkariy contemple ces Lumières divines, et quand les couleurs emplissent entièrement son intérieur… à ce moment là, en application du verset précité, il se vêtit la journée des couleurs qui animent ses veillées nocturnes…
 
Notre Shaykh, sidi Mohamed Faouzi al-Karkari -qaddas Allâhu sirrahu- dit à propos de la mouraqqa’a:
«Le fait de se vêtir d’une mouraqqa’a colorée est une manière de se vêtir de manière visible de ce que le Seigneur de l’univers a placé dans l’intérieur caché de Son vicaire sur terre (l’Homme). C’est un message d’Amour destiné à l’ensemble des créatures, car dans notre zawiya, notre manhaj est celui de l’Amour et notre madhhab celui de la passion. »
 
Il faut savoir que même au sein de notre tariqa, les types de fruits récoltés durant le dhikr varient… certains contemplent la Lumière divine uniquement, d’autres voient des couleurs, d’autres des chiffres, d’autres des lettres, d’autres des versets Coraniques etc…
 
Cela dit, quand un mourid par exemple accède à un degré où il contemple toute sorte de couleurs, comme expliqué dans le post… cela veut dire qu’il est temps pour lui de se vêtir de la mouraqqa’a, afin de s’habiller extérieurement de ce qui se trouve en son fort intérieur… ceci permet de pratiquer un jihad contre la nafs, jusqu’à ce que s’éteigne complètement son enveloppe corporelle inexistante… jusqu’au point où, à force d’essuyer les insultes et les moqueries, le mourid passe devant une glace et il ne voit même plus son propre corps, rien d’autre que sa mouraqqa’a, flottant dans les airs.

A ce moment là, il peut considérer avoir atteint une première étape dans le fana.
Cela dit, comme nous le disions, dans notre tariqa tout le monde ne chemine pas de la même manière, et donc tout le monde ne voit pas ni n’expérimente pas forcément les mêmes choses. Il est ainsi des fouqara qui ne voient pas forcément de couleurs, et pour ceux là les signes leur annonçant qu’il faut revêtir la mouraqqa’a sont différents… c’est un petit peu plus compliqué, et moins clair et explicite que l’exemple donné plus haut, avec l’explication par Hadîth etc.

Le mourid qui a un petit cerveau et une faible capacité de compréhension voit les choses de la manière la plus simple et explicite qui soit… et les autres, ils comprennent les choses par la simple vision de l’Etoile, selon la direction depuis laquelle elle est venue, selon sa taille, son intensité… etc »

Notre Shaykh (qu’Allâh sanctifie son Secret) dit:
«Vois donc de quel vêtement tu désires te parer, selon ton Aspiration divine, selon ton Amour du divin, selon ton Rapprochement de Lui… et gare à toi de prêter une quelconque attention aux gens du commun : la satisfaction des créatures est une chose inaccessible, préfère donc ce qui est durable à ce qui est voué à disparaître, préfère la Vérité à ce qui est faux. La mouraqqa’a est l’héritage de notre père Âdam (‘alayhi s-salâm), elle est la base et l’origine de tout vêtement, elle est le premier vêtement qu’il porta.»
 
Concernant ce premier habit que porta sayiduna Âdam (‘alayhi s-salâm), sidi Ahmad ibn ‘Ajîba (quddisa sirruh) dit dans son tafsir du verset suivant :
« Puis, lorsqu’ils eurent goûté de l’arbre, leurs nudités leur devinrent visibles; et ils commencèrent tous deux à y attacher des feuilles du Paradis. » [s7.v22] :
« ils joignaient et assemblaient des feuilles les unes sur les autres afin de s’en couvrir. Il fut dit qu’il s’agissait de feuilles de figuier. Âdam (‘alayhi s-salâm) est donc le premier homme à s’être vêtu d’une mouraqqa’a. »
[tafsîr al-Bahr al-Madîd fi tafsîr il-Qur’ân il-Majîd]
 
Enfin, le Prophète (sallAllâhu ‘alayhi wa sallam) dit à Aïcha (radiAllâhu ‘anha) :  
« Si tu veux être avec moi le Jour du Jugement, vit dans ce monde comme un voyageur qui fait halte à un endroit pour quelques instants, évite la compagnie des riches et ne jette pas un habit tant que tu ne l’a pas encore rapiécé. »